‹ P.A. de Gaspé et Francis Parkman [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 17 · LE · texte numérisé non relu

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Le bateau à vapeur qui le transporta de Montréal à L'Assomption, était pavoisé, et de chaque côté de la rivière, l’auteur fut accueilli à son passage par des salves de mousqueterie.

À son arrivée au collège, les élèves, rangés sur deux haies, le reçurent par des hourras frénétiques.

‘ Cette séance, dit la Minerve, avait été préparée pour rendre un hommage éclatant à la littérature nationale.

‘“ Le héros de la fête fut M. de Gaspé, qui honora le collège de sa visite ; un brillant auditoire s’associait aussi à la présence de l’illustre écrivain. Les familles de Gaspé, de Beaujeu, de Salaberry, représentées avec éclat par mesdemoiselles de Gaspé, de Beaujeu, de Salaberry, répandaient sur la séance tout le prestige qui s'attache à ces noms illustres et vénérés. Le collège semblait briller véritablement de toute la splendeur de ces gloires nationales.

‘ La principale pièce qui fut jouée, avait pour titre: Archibald Cameron de Locheill, ou épisode de la guerre de sept ans en Canada, grand drame en trois actes, tiré des Anciens Canadiens, de Philippe Aubert de Gaspé.

‘Au nom du pays, nous félicitons le collège de l’idée patriotique qui lui a fourni cette inspiration. Un sentiment d’indicible émotion s'empare du cœur et de l’esprit à la représentation de ce drame national ; nous croyons revoir ces Canadiens du premier âge, dans toute leur simplicité sublime et le charme de leur héroïsme. Remettre ainsi le passé en action, c’est nous transporter au milieu de nos ancêtres, nous accoutumer à leur regard intrépide, à leur voix mâle et franche ; c’est nous inspirer pour eux une vénération, un amour que leur présence simulée rend irrésistible. Notre âme passe par toutes les phases de leur angoisse; leur courage semble glisser dans notre cœur parole par parole. Bref, les créations d’une ima-

gination excitée par les récits de l’histoire, prennent une forme substantielle, et, au nom des Montcalm, des d’Iberville, que nous croyons voir paraître à chaque instant, nous nous sentons attendrir, pleurer, rire. Tantôt, c'est le langage et l'accent de l’hubitant ; tantôt c’est l'approche d’une tribu sauvage qui salue par des cris; c’est le spectacle de ces indiens, tatoués, bigarrés, couronnés de plumes, qui se glissent dans les broussailles, les yeux ardents, le corps souple comme un serpent, s’élançant sur leur victime avec des cris épouvantables ; c’est leur danse et leur chant de mort.

‘Nous apprenons plus dans ces quelques heures de représentation qu’en plusieurs années de simple lecture.

‘‘ M. Arcade Laporte, préfet des études, et M. Camille Caisse, professeur de belles-lettres, au collège de L'Assomption, ont donc un grand mérite d’avoir si bien combiné le plan de cette pièce et mis tant de charme dans la rédaction.

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‘ Indépendamment de ce mérite intrinsèque, la pièce revêtait un mérite de circonstances indéfinissable de sentiment. M. de Gaspé, celui-là même qui avait fourni le sujet de la pièce et qui retrouvait, dans la bouche des héros du drame toutes les paroles tombées de sa plume, M. de Gaspé était là, agréant l'hommage flatteur que l’on rendait à son talent, mais prétant aussi au collège une partie de l’éclat attaché à son nom. Il était permis à l’illustre vieillard de se livrer aux émotions, en contemplant, sous une forme réelle, les héros de son imagination ; il était permis à l'auditoire d'exprimer par des transports plus vifs l’admiration due au génie de l'écrivain.

‘# À la première apparition de M. de Gaspé dans la salle, les spectateurs, qui attendaient avec anxiété, cédèrent aux élans de leur

cœur et le reçurent par une salve étourdissante d’applaudissements. M. Lactance Archambault, l’un des acteurs, exposa alors le

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