‹ P.A. de Gaspé et Francis Parkman [microforme]Chapitre 9 sur 15 · ST DE · texte numérisé non relu

ST DE

“ Nous défions aucun Canadien, ami de son pays, de lire par étapes le beau livre que vient de faire paraitre M. de Gaspé.

“ Ouvrez-le, ne fut-ce que par désœuvrement : et vous voilà pris. Le plaisir que vous donnera un chapitre vous poussera maloré vous dans le chapitre suivant. C’est une faim qui augmente à mesure que vous avancez. Il faut marcher, il faut courir. Les yeux suffisent à peine à dévorer les pages, les doigts à tourner les feuilles. Et après avoir traversé le volume, ventre à terre, la fin arrive, et vous dites : mais c'est impossible, je viens de commencer.

C’est que M. de Gaspé a un talent

de narrer inimitable. Souvent, en quel- ) ques lignes, il vous présente un tableau

= NO Le

où rien ne mauque, où tout est parfait, description, narration, dialogue. Vous ne voyez pas la main de l’auteur ; c’est la scène elle-même qui passe sous vos yeux, rapide comme l'éclair. ”

À la sollicitation d’un des rédacteurs de la Minerve, j'écrivis pour cette feuille (21 avril 1863) l'appréciation suivante des Anciens Canadiens.

“ Pour donner une juste idée du livre de M. de Gaspé, nous voudrions faire partager à nos lecteurs une partie des Jouissances que sa lecture nous a fait éprouver. Qui de nous, en rêvant aux grandes époques de notre histoire, n’a formé le désir de voir quelque plume éloquente s'emparer de ces drames si palpitants d'intérêt, et les faire revivre avec tous leurs détails intimes, leurs péripéties étranges, leurs caractères cet leurs

physionomies toujours si originales ‘?

Qui n’a souvent regretté de voir les anciennes mœurs s’altérer ct s’effacer peu à peu sans que rien ne puisse nous en rappeler plus tard les souvenirs ? Combien de fois surtout n’a-t-on pas désiré, avant que les dernières traditions se soient éteintes, de voir retracer, dans une sorte d’épopée nationale, les grandes luttes de la conquête, cette époque la plus remarquable de notre histoire ? Et si alors quelqu’ami était venu nous dire:

cette œuvre que nous avons si souvent rêvée, si longtemps attendue, nous la possédons maintenant ; avec quel bonheur, avec quel enthousiasme n’aurionsnous pas salué son apparition ?

‘6 Eh bien ! aujourd’hui nous pouvons dire que notre littérature yient d’être dotée d’un de ces précieux ouvrages qui

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