‹ P.-J. ProudhonChapitre 10 sur 21 · IDÉE GÉNÉRALE DE LA RÉVOLUTION )) I · texte numérisé non relu

IDÉE GÉNÉRALE DE LA RÉVOLUTION )) I

« IDEE GENERALE DE LA RÉVOLUTION AU XIXe SIÈCLE »

L'Idée générale de la Révolution au XIXe siècle est un des ouvrages capitaux de Proudhon. Il l'a dédié à la bourgeoisie, les bourgeois étant toujours les plus intrépides, les plus habiles révolutionnaires.

La révolution sociale consiste à substituer au régime gouvernemental, féodal et militaire, le régime industriel, qui ne ferait nullement des industriels — c'est-à-dire des ouvriers d'industrie — une caste prépondérante, mais qui serait une constitution de la société ayant pour base, à la place de la hiérarchie des pouvoirs politiques, l'organisation des forces économiques. Cette révolution doit être accomplie selon la justice et pour le bien de tous. Afin de la préparer comme il convient, il faut savoir que l'association (au sens sociétaire, à demi communautaire) n'est ni une force industrielle ni une loi de l'économie, que le gouvernement direct (ou législation plébiscitaire) n'est qu'une fausse application du principe d'autorité, qu'un principe

nouveau, la réciprocité, se substitue peu à peu dans les associations ouvrières à l'idée sociétaire, et se traduit en politique par l'idée de contrat, opposée à l'idée de gouvernement.

Si ces principes sont reconnus vrais, ils déterminent la façon de procéder à la liquidation sociale et à la dissolution du gouvernement dans l'organisme économique. Proudhon s'emploie donc à en démontrer la vérité en des pages restées aussi vivantes que le jour où il les écrivait.

Les réactions déterminent les révolutions. Une révolution est une force irrésistible ; pour en conjurer les périls, il n'y a qu'à lui faire droit. 89 a détruit et oublié de fonder. Aujourd'hui, une superficie plâtrée couvre à peine l'anarchie et la plus épouvantable démoralisation. Les forces économiques sont perturbées ; la société s'enfonce dans la misère. Le remède ? Abolir les droits seigneuriaux des capitalistes, comme on a fait ceux des nobles et des couvents. Les forces politiques sont tout entières tournées à la centralisation et à la tyrannie. Le remède ? La liberté. Et on nous offre l'autorité, l'autorité, qui, dit-on, est nécessaire à l'ordre, en raison de l'inégalité des facultés (d'où l'on déduit celle des conditions) et de la divergence des intérêts. Oui, c'est là le problème social, et vous croyez en venir à bout par les baïonnettes et la prison !

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