‹ P.-J. ProudhonChapitre 11 sur 21 · JDEE GENERALE DE LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

JDEE GENERALE DE LA RÉVOLUTION

La solution est ailleurs. D'autres l'ont trouvée dans la communauté, l'association, la série industrielle. Proudhon affirrhe pour sa part qu'elle est dans l'organisation des forces économiques, sous la loi suprême du contrat. Il veut l'ordre, autant que personne au monde, mais comme un effet de sa volonté. Des lois, il n'en faut pas, ou plutôt deux suffisent : — Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse ; Faites à autrui ce que vous voudriez qu'on vous fît — , formule élémentaire de la justice, règle de toutes les transactions, qui nous ramène à l'idée de contrat, conséquemment à la négation de l'autorité. Pas de constitution. La monarchie constitutionnelle nous fait gouverner par des députés bourgeois qui, apparemment, ne connaissent pas mieux que moi mes vrais intérêts. Après le suffrage censitaire, on a vu à l'œuvre le suffrage universel, qui fait examiner par dix millions d'électeurs des questions telles que la garantie du travail et la juste mesure de la propriété, où les hommes politiques ne voient goutte.

La science économique seule peut venir à bout de tels problèmes. Voici le programme et le plan qu'elle suggère à Proudhon, et qu'il voudrait voir imposer par le peuple à ses représentants, de telle sorte que la révolution sociale, légitime en soi, ait de plus l'avantage d'être accomplie légalement, pour prévenir toute contestation tirée de l'ancien ordre des choses.

Une Banque nationale, constituée par décret de l'Assemblée, mais étrangère dès sa naissance au gouvernement, aura pour objet, non de faire des bénéfices, mais de tuer l'usure et d'amener le bon marché de l'argent, par la modicité de l'escompte et la prestation du crédit. Grâce à elle, l'intérêt de l'argent sera réduit. Dès lors, l'État n'aura qu'à procéder à des conversions successives pour diminuer la dette publique, étant admis en outre que l'intérêt servi aux rentiers sera déduit du capital à eux redû.

Les dettes hypothécaires, les obligations simples, seront amorties selon le même principe ; semblablement, les loyers payés, les fermages acquittés, constitueront un droit proportionnel de propriété sur les immeubles et le sol, jusqu'au moment où la propriété, intégralement remboursée, relèvera de la commune, qui partagera avec le fermier la nue propriété et le bénéfice net de la terre.

Plus tard, l'expropriation pourrait bien se faire sans indemnité préalable. Nous sommes maîtres aujourd'hui de procéder avec toute la prudence, toute la modération utiles ; n'attendons pas le moment où « notre destinée pourrait ne plus dépendre de notre libre arbitre ».

Le crédit et la propriété étant ainsi assurés à tous, pour achever l'organisation des forces économiques, il reste à diviser le travail, en usant des machines et de la force collective, mais sans multi-

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