SITUATION PÉN IB LU
Je ne sais rien de tel pour l’explication des idées et des doctrines que la réalité des faits et la détermination précise des circonstances au sein desquelles elles ont été conçues. L’être pensant est doué, dit-on, d’une faculté libre ou du moins singulièrement mobile pour la direction de ses vues et de ses applications d’esprit ; mais cette direction dépend d’autre chose encore que d’un pur mouvement intellectuel : elle se ressent de l’état des fibres et de mille ressorts secrets dont la plupart nous échappent. Que du moins, si nous en saisissons quelques-uns, il nous soit permis de les indiquer et de les faire toucher au doigt. J’ai dit que Proudhon était retourné de Besançon à Paris en octobre ; il désirait y arriver à temps pour voir et embrasser son ami Bergmann, qui était à la fin de ses vacances et qui devait lui-même repartir pour Strasbourg. Or savez-vous comment il voyageait? C’est par hasard et tout à fait incidemment que je l’apprends, dans une lettre de lui du 30 septembre :
« Mon cher Bergmann, je partirai dimanche, 11 octobre, sans faute, et, quoique à pied, je ferai toute la diligence pour arriver à Paris samedi 17 au plus tard. Tâche donc de prolonger ton séjour du 15 au 20, afin que je puisse te voir. Il ne m’est pas possible de faire mieux... »
11 sentait le besoin d’une conversation à fond
té, je crois, à l’unanimité. A présent, on dit du bien de moi partout, bien qu’on me blâme en beaucoup de choses. »