‹ P. J. ProudhonChapitre 27 sur 95 · P. -J. PII 0 U D H O N · texte numérisé non relu

P. -J. PII 0 U D H O N

avec une intelligence parente de la sienne; on ne s’explique jamais complètement que de vive voix :

« Je profiterai de tes observations, tu peux y compter, quoique je ne promette pas encore d’en user de la manière que tu m’indiques; mais quand un homme doué de raison critique une chose, il lui échappe toujours des pensées, des expressions qui sont des traits de lumière pour un auteur attentif. C’est surtout par là que toutes tes remarques me sont précieuses; c’est ce qui fait que je voudrais t’entendre. D...me mande que tout est prêt pour une seconde édition. Avant de rien faire, je voudrais donc une conversation avec toi. »

Et à la fm de cette même lettre :

« Je compte donc te voir : c’est pour toi que je pars un mois plus tôt que je n’eusse voulu; c’est pour toi que je vais me briser les jambes. »

Ainsi cet homme d’intelligence et de cœur, pour aller voir un ami, de l’entretien de qui il est privé depuis une année, pour aller écouter ses conseils, pour s’épancher avec lui et se procurer une de ces bonnes et saines causeries qui sont le besoin de l’âme, et où la pensée se corrige ou se mûrit dans une concorde ou dans une contradiction féconde, est obligé de faire à pied une route de plus de quatre-vingts lieues, et, en arrivant trop tard d’un jour ou deux, il manque la rencontre. Le devoir qui commande a obligé l’ami de repartir. Vous qui voyagiez alors en chaise de poste, vous tous qui observez à l’aise; qui, étendus tout du long, n’avez qu’à vous laisser

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