‹ P. J. ProudhonChapitre 37 sur 95 · LA PASSION DOMINANTE · texte numérisé non relu

LA PASSION DOMINANTE

ritualité eu amour qui réalisera ce qu’avait pressenti Platon, et dont le christianisme a donné plus d’un exemple. Je regarde notre lasciveté actuelle comme tout à fait hors nature; tout cet étalage de tendresses, même honnêtes et délicates, ces expressions brûlantes à propos des femmes, dont les ouvrages modernes sont remplis, me semblent l’effet d’une excitation érotique désordonnée, bien plus que le symptôme de tendances légitimes. Si je me suis bien observé depuis quinze ans, et si, comme tout homme, je porte en moi un exemplaire fidèle de notre nature, je suis arrivé à des conclusions bien différentes. L’exposition rapide de mes sentiments sur cette matière ardue paraîtrait ridicule, tant nous avons matérialisé l’amour, tant nous sommes devenus grossiers! 11 faut un livre tout exprès, un livre irréfutable, qui serve tout à la fois de protestation et reste comme un remords éternel de notre conscience contre le libertinage de nos cœurs. » — H y a bien du vrai dans cette sévérité, surtout si elle s’adresse à tout un genre de littérature. M’est-il permis toutefois de dire que Proudhon parle de ces choses un peu à son aise? L’on voit bien que l’amour et tout ce qui est de Vénus n’est pas son faible à lui. Cette abstinence dont il parle et dont il use n’a guère son application efficace en chacun qu’à l’égard des passions secondaires; elle n’est pas si aisée dès qu’on a affaire à ce que Pope appelle la passion dominante. Qu il essaye donc lui-même de s’abstenir et de se tempérer sur cette double passion intellectuelle qui le possède et qui fait le fond de sa nature, sur cette double corde et cette double fibre qui vibrent irrésistiblement en lui, la logique et la combativité.

Dans quelles dispositions fut écrite la Lettre àM. Blanqui. — Espoir; inquiétude. — Péril évité; modération relative. — Passages éloquents.

La Lettre au professeur Blanqui devait être, aux yeux de Proudhon, dans sa pensée première, un acte de modération relative ; elle devait renfermer un examen critique des doctrines qui avaient paru depuis six. mois sur la Propriété :

« Cet examen, disait-il (1er janvier 1841), est destiné à marquer définitivement ma position de savant, non de démagogue : j’attends le meilleur effet des explications que je donnerai sur mes intentions pacifiques et la ligne que je veux suivre. »

Et le 31 janvier :

« J’achève en ce moment ma Lettre à Blanqui sur la Propriété : elle s’imprimera à part et formera un deuxième Mémoire, d’environ cent à cent vingt pages. Désormais je publierai par brochures mes nouvelles élucubrations : autrement je paraîtrais à de trop longs intervalles. J’attends le plus heureux effet de cette Lettre

sur le public et sur les hommes du pouvoir : j’y rends compte de ma conduite, de mes sentiments, j’avoue mes torts ( si quœ sunt) ; puis je reprends la question d’un point de vue tout nouveau. Sous le rapport de la logique, je crois que je n’aurai encore rien fait d’aussi bien : dans un mois tu en jugeras. J’ai tellement confiance dans la certitude de mes principes et dans la droiture de mes intentions, que je ne désespère pas d’obtenir un jour une mission quelconque du pouvoir, servatis servandisj bien entendu... »

Mais au moment où ce deuxième Mémoire parut, l’auteur était moins confiant et moins sûr de son fait ; il écrivait le 24 avril :

« Je suis en ce moment, comme il arrive à tout auteur, fort inquiet du sort de ce nouvel écrit : j’ai déjà la certitude qu'il me fera beaucoup d’ennemis, point de prôneurs ; Dieu veuille qu’il ne me rende pas ridicule ! Le commencement est sec et austère, le milieu un peu plus intéressant, à cause de la partie historique , j’ai tâché de rendre la fin, composée de controverses, le moins insupportable qu’il m’a été possible. Ce qui m’ennuie le plus du métier d’auteur, c’est d’être obligé d’amuser le lecteur quand il devrait lui suffire que je raisonne juste.

« Tu trouveras peut-être le style de cette brochure encore trop guindé, et le ton que j’affecte de prendre trop fanfaron et trop crâne : c’est un tic d’originalité que je ne recherche pas, dont il me sera très-difficile de me dépouiller tout à fait, et que je tâche de rendre aussi tolérable que je puis. D’ailleurs il semble qu’aujourd’hui il suffise de crier et de menacer pour avoir raison : cela sert avec les sots; les sages aperçoivent le motif et pardonnent à fauteur. »

Il est ingénieux cà s’excuser. Ce qu’il y a de plus

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certain, c’est que ce tic, comme il l’appelle, et cette crânerie de ton qui faisaient partie de sa nature comme de son talent, le désignaient hautement à l'attention dès son entrée dans le jeu. L’inconvénient, toutefois, était de le trop montrer aux sots ou aux fous et de le trop cacher et déguiser pour la majorité des sages. — Ces deux Mémoires sur la propriété n’étaknt d’ailleurs, à ses propres yeux, qu’un prélude, ut’e escarmouche, de vraies bribes : il songeait par delà à son œuvre de savant. Son ambition, de ce côté, était grande; nous ne pensons pas lui faire tort en la dévoilant dans toute son étendue et dans son illimité. Il ne se croyait pas moins qu’inventeur, à la veille de créer une méthode rigoureuse et universelle qui avait manqué jusqu’alors. Chimère! chimère! dira-t-on; mais il est beau même de faire naufrage sur ces mers immenses :

« 11 me semble, écrivait-il en confidence à son ami le philologue-philosophe de Strasbourg, que mes idées se précisent de plus en plus et que je marche directement à la restauration, si toutefois nous ne devons pas dire, à la création de la philosophie comme science. M. Jouffroy l’a très-bien dit, et tout ce qu’il a fait en philosophie se réduit à cette unique proposition qu’il a délayée en deux cents pages : la philosophie n’est pas encore définie ni dans son but, ni dans son objet, ni dans sa méthode. Or voici comment j’entends faire à mon tour une philosos phie : appliquer le raisonnement et la méthode sur touteles parties de la religion et de la morale, comme je le fais en ce moment pour la politique, comme les savants spé-

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ciaux l’ont fait pour l’histoire naturelle, la physique et les mathématiques, comme, depuis quelques années, les linguistes le font pour les langues ; puis généraliser par la composition et l’induction les méthodes et les lois de toutes ces sciences, et de toutes ces espèces former un genre, qui sera, in abslraclo superion , la philosophie.

« Tu vois donc que mes études économiques et législatives1 sont, à proprement parler, une série d’expériences logiques qui me mèneront je ne sais où, mais bien sûrement quelque part. Il y a plaisir à s’entretenir avec toi de ces choses, parce que tu les entends très-bien. »

Dans le billet d’envoi qu’il écrivait au professeur Blanqui et qu’il joignait à un exemplaire de sa Lettre imprimée (24 avril 1841), il disait en propres termes :

« Pour que la jurisprudence et la politique deviennent une science, il leur faut une matière d’expérience et un champ d’observation. Or la matière d’expérience est l’homme et la société; le champ d’observation est l’histoire, les religions, les lois, les coutumes, les croyances, l’économie poli tique, etc.

« Qu’ont fait jusqu’à ce jour les légistes? — Ils n’ont jamais su que partir de ce qu’ils appellent une loi, c’està-dire d’une tradition, et l’appliquer, par voie de déduction syllogistique, jusque dans les derniers détails. Mais il arrive souvent qu’une loi, poussée dans ses conséquences, est contredite par une autre ou démentie par le

1. Par études législatives, il entend parler ici du travail dont i! s’occupait pour ce juge du tribunal de la Seine que nous savons être feu M. X..., travail qui devait avoir pour titre: Philosophie de l’Instruction criminelle, et qui l’amenait à trouver, chemin faisant quantité de choses neuves et intéressantes.

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sens commun et'par la nature même : que font alors nos jurisconsultes? — Ils critiquent l’une et l’autre loi? — Point du tout; ils cherchent dans leur sac à traditions quelque vieille solution de commentateur et se tirent de ce mauvais pas, suivant chacun l’opinion qui est le plus de son goût... »

11 méditait déjà son prochain livre Delà Création de l'Ordre dans l' Humanité ; il en était plein. Nous assistons à la conception, au tressaillement intellectuel d’une intelligence qui croit porter en elle une science nouvelle et un monde ; il y a de l’enthousiasme mêlé d’un peu d’éblouissement :

« Cette fois, écrivait-il à Bergmann (18 juillet 1841), je vais exposer les lois économiques et universelles de toute organisation sociale Je viens d’écrire à M. Bknqui pour lui demander audience et le consulter : j’ai tant de choses neuves à dire que je puis me flatter que ceux qui m’ont le mieux lu ne savent encore rien. Véritablement la science sociale est infinie, car c’est la révélation des secrets de la Providence dans les affaires de ce monde. Depuis quinze jours, j’ai appris tant de choses, j’ai soulevé un si large pan du voile, que j’en ai la vue troublée. Il me faut du repos; il faut mûrir mon germe avant d’accoucher. Tu as éprouvé plusieurs fois dans ta vie la même chose: nous étudions quelquefois longtemps sans que le progrès soit sensible ; puis tout à coup les voiles tombent; après un long travail de réflexion, l’intuition arrive : ce moment est divin. C’est ainsi, je ne crois pas me tromper, qu’ayant été forcé d’apprendre la prosodie, tu as découvert en quelques jours une foule de choses nouvelles, curieuses, plus étonnantes que tout ce que tu avais déjà publié. Quand un homme a beaucoup appris, que son érudition est suffisante, il ne faut plus que lui

P.-J. PROUDIION.

poser des problèmes et soulever devant lui des difficultés. Pour peu qu’il ait de génie, il s’élancera comme le soleil, et répandra des flots de lumière. Mon ouvrage aura pour titre : De la Création de l’Ordre dans l’Humanité. Ce sera de l’économie humaine transcendante. »

En attendant, son second Mémoire faisait son chemin et ie constituait de plus en plus aux yeux du public comme polémiste et écrivain d’action. A ce titre, il s’inquiétait de la forme et se demandait s’il avait trouvé celle qui convenait à son dessein ; car, « en France, remarquait-il, le mauvais goût, les vices de forme sont encore plus à craindre que le défaut du raisonnement, que peu de gens sont à même de suivre. » Il s’agissait pour lui, cependant, d’autre chose, d’un autre danger :

« 11 y a quelques semaines, écrivait-il (18 juillet), j’étais, à mon insu, sous le coup d’un mandat d’arrêt pour crime d 'attentat. C’était mon deuxième Mémoire qui soulevait cet orage. M. Blanqui, qui me fit prévenir, et qui avait été dénoncé lui-même comme mon co-conspirateur , me dit que ce Mémoire, malgré l’amélioration de la forme, avait mis le feu aux poudres, parce que j’y avais fait entrer tant de monde que les monopoleurs du pouvoir y avaient vu la manifestation d’un complot. Il me rassura pourtant en me disant qu’il avait tous les ministres pour amis, et qu’il ne souffrirait point qu’on sévît contre moi. 11 écrivit en même temps au préfet de police pour se plaindre de sa conduite envers lui : bref, cette affaire ridicule est apaisée. Elle prouve, selon moi, que le pouvoir est encore plus bête et plus mal renseigné que méchant ; et j’ai résolu d’avoir désormais quelque homme puissant parmi mes défenseurs. Je vais adresser

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un exemplaire de mes deux Mémoires à M. Duchâtel (le ministre de l’intérieur) , en même temps qu’une lettre ferme et convenante : j’espère qu’il sera satisfait. En même temps je consulte M. Blanqui, en lui faisant entrevoir que je vais faire marcher la science économique et lui donner le sceptre. »

Proudhon, avant 1848, et surtout avant 1844, n’appelait nullement la révolution ; il jugeait sévèrement les partis en présence et n’était d’aucun; il désirait avant tout qu’on le laissât développer ses idées. Sa passion n’était du côté d’aucune dynastie, d’aucune forme politique : il détestait un fait, une réalité économique, et, ne pouvant la briser ni même l’attaquer de front, il aurait voulu travailler à la prendre en queue, en flanc, et la forcer insensiblement à se transformer. Dans la ligne de conduite qu’il se proposait de tenir, et qu’il eût préférée, il oubliait trop cependant une chose, c’est que le pouvoir proprement dit, c’est-à-dire le ministère, était presque impuissant à le couvrir et à le protéger. Et en ellèt, par sa première affiche et son enseigne, il avait fait une déclaration de guerre à mort à la classe moyenne, toute-puissante alors ; il semblait, à chaque reprise, se complaire à irriter le taureau par un voile rouge et à le piquer par un aiguillon ; il ne ménageait en rien le clergé et la magistrature, deux corps puissants, chatouilleux, vigilants, et assez indépendants pour se revancher d’eux-mêmes ; il se mettait sur les bras plus de monde que la prudence ne le conseillait.

Quant à son désir sincère de rester un simple écrivain, moitié philosophe moitié batailleur, jugeant avec verve les uns et les autres, et ne se donnant à aucun, cette disposition nous est attestée et prouvée par toutes ses confidences d’alors et par la franchise de ses aveux. Pour tenir une telle gageure et ne pas être trop inquiété dans une position aussi hardie, il lui aurait fallu bien réellement, au sein du pouvoir et de la majorité, quelque homme d’État d’un esprit élevé, ouvert, qui l’appréciât, qui démêlât le fond de ses idées, qui sentît en ce jeune homme un talent, une puissance, un danger et non pourtant un ennemi, qui lui servît d’appui et, par là même, de modérateur. Quand je vois quelle estime faisait Proudhon de M. Blanqui et quelle reconnaissance il lui conserva toujours de l’avoir défendu et compris tout en faisant ses réserves, je me prends à regretter qu’il ne lui ait pas été donné de connaître familièrement des hommes comme M. Rossi, comme M. Duchâtel, et de débattre avec eux, sur le terrain purement économique, certaines questions; il y aurait gagné, et peut-être aurait-on gagné un peu sur lui. 11 essaya, à plus d’une reprise, de se frayer la voie auprès de M. Duchâtel; on vient de voir qu’il comptait lui adresser ses deux Mémoires en les accompagnant d’une lettre, et il le fit sans doute. Il renouvela sa tentative lors de la publication de sa troisième brochure ou Lettre à M. Considérant ; il l’envoya au ministre et y joignit une longue lettre, à la date du 20 janvier 18/i2,

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contenant sa profession de foi sur l’avenir ; il avait eu soin d’y faire sentir que, dans ses théories les plus radicales, il ne s’en prenait pas à la forme du gouvernement, lequel était désintéressé dans sa polémique et avait même à en profiter. Par malheur, un ministre est préoccupé, envahi par les affaires et les questions de chaque jour ; les professions de foi d’un nouveau venu l’intéressent peu, et l’esprit le plus net et le plus sensé, quand il est. ministre de l’intérieur, n’a guère le temps de philosopher. Chacun resta donc dans ses lignes et dans son rôle; la force des choses et des caractères l’emporta sur les intentions ou les velléités du moment ; ce qui devait arriver arriva, et Proudhon devint tout entier Proudhon.

Je ne sais pas, du reste, de meilleure appréciation possible de sa situation, à cette date, ni même de meilleure définition k donner de son genre de talent que ce qu’il en a dit dans une longue lettre à Ackermann, du 16 mai 1841, — car le vrai titre de mon travail pourrait être : Proudhon raconté et commenté par lui-même :

« Je viens de publier un second Mémoire sur la Propriété, sous forme de Lettre adressée à M. Blanqui. C’est une espèce d’apologie du premier Mémoire et de l’auteur. J’y ai développé de nouveaux points de vue : par exemple, que l’humanité, depuis quatre mille ans, est en travail de nivellement; que la société française, à son insu, et par la fatalité des lois providentielles, démolit chaque jour la propriété; que toutes les écoles la con-

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damnent, etc. Cette exposition historique et critique des tendances et des doctrines se termine tout naturellement par cette conclusion : Il faut marcher du côté où nous allons, puisque c’est la nécessité qui nous pousse.

« Ce Mémoire a paru à tout le monde mieux écrit, plus intéressant et plus mesuré que le premier : M. Blanqui m’a dit à ce sujet les choses les plus flatteuses, m’engageant à me modifier encore, et me promettant à ce prix qu’un troisième Mémoire me ferait prendre place dans la science.

« Je puis dire en toute vérité que je n’ai pas un partisan, au moins déclaré : le peuple ne peut suivre de si longues et si abstraites inductions; les hommes compétents sont empêchés par la prudence de se prononcer : enfin, il paraît aussi difficile d’admettre mes idées que de les réfuter. En attendant, je reçois directement et indirectement des encouragements honorables 1 : ceux

1. Sur un feuillet de lettre déchirée, sans date, mais qui se rapporte au même temps et qui est adressée au môme, je lis encore :

« J’ai appris hier qu’un professeur de philosophie, ayant entendu parler de mon Mémoire, était entré dans une telle indignation, qu’il avait juré de réfuter publiquement l’ouvrage ou d’en devenir l 'apôtre. Après ce beau serment, il s’est mis à hre, et les bras lui sont tombés. — J’en ai déjà vu deux ou trois de cette force. Cependant, il faut ajouter que, s’ils ne savent que répondre, ils ne croient pas encore; leur esprit est bouleversé, voilà tout.

v Un professeur de l’École de droit m’a fait parvenir des encouragements secrets, offrant même de me diriger dans les choses que je puis ignorer en matière de jurisprudence.

« Une princesse de Caraman (?) m’a lu deux fois la plume à la main, et a fini par conclure : « C’est dommage qu’il soit si brutal ! »

•» Je voudrais que vous fussiez ici pour vous montrer comment il faut traiter les hommes de lettres pourris. L’indignation d’un honnête homme produit de très-heureux effets : je l’éprouve tous les jours. On dit bien que je frappe trop fort; mais en secret on n’est pas fâché de me voir démolir les gens. On m’a même repro-

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