‹ P. J. ProudhonChapitre 77 sur 95 · LOIS ET CONTRE-LOIS · texte numérisé non relu

LOIS ET CONTRE-LOIS

pour guider les faibles, et qui devait prêter à bien des malentendus.

Il a dit quelque part, dans une lettre familière1, une parole d’or : « Si une moitié de la vérité nous épouvante parfois, la vérité tout entière nous rassure et nous charme. » Mais alors, aurait-on pu lui dire, pourquoi nous arrêter si longtemps et comme à plaisir sur l’une ou sur l’autre de ces moitiés de vérité dont chacune est capable de nous donner de l’çfl'roi? pourquoi tant tarder à nous rassurer et à nous charmer en nous montrant les deux moitiés rejointes, et en nous dévoilant la vérité tout entière ?

La possédait-il aussi pleinement qu’il se le figurait? Je crois plutôt qu’il la cherchait encore 2. Quoi qu’il en soit, il définissait lui-même sa méthode, il en donnait (qui plus est) les secrets et trop

1. Dans une lettre du 2 novembre 1862, adressée à M. Milliet, rédacteur du Journal de l’Ain.

2. J'ai tort d’en douter; il est le premier à le dire; et dans cette même lettre du 13 décembre 1840 adressée à M. Tissot, il écrivait : « Vous préféreriez à ce dédale de contradictions l’exposition du principe supérieur, qui concilie tous les contraires. — Je conçois votre impatience; mais c’est comme si vous me reprochiez de n’avoir pu découvrir avant d’avoir cherché. Tout ce que j’ai publié jusqu’à ce jour n’est autre que mon investigation même, dont j’ai fait confidence au public, à mesure que j’avançais. A présent, je suis en mesure de donner les préliminaires de cette organisation sociale, dont les dernières lois ne peuvent être connues qu’à fur et mesure de la production de faits nouveaux, sans lesquels il m’est impossible de passer outre. Je suis surpris que vous me traitiez en inspiré, alors que j’ai répété tant de fois que je suis un chercheur. »

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