‹ P. J. ProudhonChapitre 81 sur 95 · SON VRAI SYSTÈME · texte numérisé non relu

SON VRAI SYSTÈME

Proudhon n’eut pas à se louer cette fois des économistes. Son juge, dans leur journal officiel, ne fut plus M. Joseph Garnier, mais M. de Molinari, qui rendit compte du livre dans un article fort bien fait, mais purement et simplement sévère '. 11 ne passa rien cà l’ambitieux novateur, mais il ne lui accorda point en revanche ce qu’il aurait pu. Satisfait de l’état de la science, défenseur en tout des procédés d’étude en usage, des notions acquises, et qu’il estimait suffisantes à résoudre au fur et à mesure les difficultés du jour et du lendemain, confiant dans la doctrine du laisser faire, laisser passer, le critique ne crut point devoir reconnaître ce qu’il y a de louable dans un grand effort, même incomplet, ce que la science peut gagner parfois à être ainsi secouée par un rude jouteur, et il ne sentit point tout ce qu’il y avait de réel, de neuf, de saisissant encore plus que de menaçant, dans cette philosophie de la misère dont Proudhon parlait en expert et en praticien consommé. 11 ne se donna pas même l’avantage d’avoir un tel allié, un auxi-

vqIo il tiers dans ses idées, l'avait surnommé « le grand presbyte, celui dont le défaut capital était de voir toujours quatre ou cinq cents ans en avant. » Proudhon, en effet, concluait de lui aux autres ; il croyait à la logique humaine ; il considérait comme fait ce qui était encore plus des trois quarts à faire ; comme mortes déjà, des choses encore très-vivantes et qui sont tout au plus malades; il enjambait les siècles, « puis se retournant et voyant qu’il n’était pas suivi , il entrait en indignation ou tombait dans le découragement, u (Lettre de M. d’Alton-Shée.)

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