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les principes antagoniques, dont l’éternelle opposition fait toute la vie et le mouvement de l'univers, il suffit de les mettre en balance les uns avec les autres. La . propriété absolue reçoit ainsi de la philosophie une consécration aussi solide que de la politique. Et c’est bien de la propriété absolue qu'à partir de 1862 Proudhon prend vigoureusement la défense (1). « Pour changer les effets d’une institution qui dans ses commencements fut le comble de l’iniquité, pour métamorphoser l’ange des ténèbres un angé de lumière, » ilne fut besoin que de « l’opposer à lui-même en même temps qu'au pouvoir, de l’entourer de garanties »... « Cette transformation que je cherchais sous le nom de synthèse, ajoutet-il, nous l’avons obtenue, sans aucune altération de principe, par ou simple équilibre (2). »
Mais, qu’il s'agisse de la propriété « équilibrée » des dernières années ou de la « propriété restreinte » qui fut, sous le nom de possession l'idéal de ses premiers écrits, il est permis de dire que ce changement — quelque importance que Proudhon attache à toute cette philosophie — touche à la forme plus qu'au fond. Ou plutôt, comme il prend soin de nous en avertir luimême, si ce changement apporte une transformation notable à ses théories politiques, la conception de la propriété absolue faisant.partie intégrante à ses veux,
(1) Zbidem, p. 208.
(2) Théorie de la Propriété, p. 210.
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du système dela fédération, au point de vue de l'économie politique, de la justice économique, qui futle point - de vue des premiers mémoires, le but poursuivi n'a pas sensiblement varié. Il espère l’atteindre par d’autres moyens, avec une moindre intervention de l'autorité, de l'Etat, avec ure initiative plus grande laissée aux énergies, disons plus, aux égoïsmes des individus (4). Mais ce qu'il veut c’est bien au fond la même chose et nous pouvons définir cet idéal d'un mot. Il faut laisser la terre à ceux qui la cultivent, toute réserve faite des injustices résultant de l’inégale fécondité des lots, il faut que le produit de la terre cesse d’aller à ceux qui ne l'ont pas conquis par leur travail, il faut enfin que chaque cultivateur, ou plutôt, chaque famille de cultivateur ait autant de terre qu'elle peut en mettre en valeur, jamais plus.
= Nous allons voir cet idéal se déterminer au cours des violentes critiques des premiers Mémoires. Nous sommes à présent suffisamment avertis pour ne donner à ces critiques, en dépit des exagérations de forme, que leur exacte portée.
(4) Theorie de la Propriété, p. 228. « Lu propriété est l’égoïsme idéalisé, consacré, investi d’une fonction politique et juridique. Il faut qu'il en soit ainsi parce que jamais le droit n’est mieux observé qu'autant qu’il trouve un défenseur dans l’égoisme et dans la coalition des égoïsmes. »