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tion de la grande propriété, de la « propriété dévorante et anthropophage (1) ». On prendra enfin des mesures contre le morcellement, dût-on même faire revivre quelque chose de ce droit d’ainesse qu'a supprimé la Révolution, car l'égalité de partage prescrite par le Code civil,quand elle s'applique au domaine du paysan, conduit fatalement à la « licitation, c'est-à-dire à la dépossession de la famille héritière (2) ». Enfin et surtout, les possessions seront héréditaires.
Nous devons insister sur ce dernier point. La défense de l’hérédité est en effet l’une des idées profondes et permanentes de Proudhon ; c’est une de celles aussi sur lesquelles on l’a le plus fréquemment accusé de contradiction.
L'homme qui a comparé la propriété au vol est parüsan de l'héritage ! Il l'est même avec une singulière
(4) Deuxième Mémoire, I, 266; et aussi p. 330, « j’ai cherché ce qui, dans l’idée de propriété était nécessaire, immuable, absolu, et jai affirmé après vérification authentique que cette idée se réduisait à celle de possession individuelle, susceptible non d'alicnâtion, mais d'échange: ayant pour condition le travail, non une occupation fictive ou une oisive volonté ». M. Ed. Largarde : (La Revunche de M. Proudhon ou l'Avenir du socialisme mutuelliste, Paris, Jouve 1905) critique cette idée de Proudhon en montrant qu’un possesseur tenant absolument à être dépossédé ne manquera pas de trouver un biais pour y parvenir (p. 73). Telle n'est pas en effet l’éventualité — assez étrange — à laquelle songe Proudhon. Proudhon veut éviter l’accaparement. Au surplus il ne repousse pas absolument à cette époque, comme le croit M. Lagarde, l'intervention de l’État pour empêcher l’abus de la propriété (Ed. Lagarde, loc. cit., p. T2 à 174).
(2) Contr. Ec., N,233.