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A côté de cette influence exercée par la doctrine de Proudhon sur quelques-uns de ses plus illustres comtemporains — et il serait aisé d’en citer d’autres — il nous faut dire quelle influence elle exerça sur le mouvèément socialiste proprement dit. Or, il semble bien qu'ici elle ne fut pas aussi grande et surtout ne fut pas celle qu’on serait en droit d'attendre. D’un mot, c'est surtout la partie critique et négative de la théorie de Proudhon qui fut adoptée et reprise par les socialistes postérieurs ; mais ils semblent avoir en général méconnu ou renié ses conceptions positives.
Sur le premier point les témoignages abonderaient.
On connaît le jugement que Karl Marx portait en 1845 sur le premier Mémoire : « Proudhon soumet le principe fondamental de l’économie politique, la propriété à un examen critique, le premier décisif, sans ménagement, ét scientifique en même temps. C'est là pour la science un progrès qui est son œuvre, progrès ou mêmé révolution de l’économie politique, dont la constitution én science effective est pour la première fois rendue possible. L'ouvrage de Proudhon : Qw’estce-que la propriété a la même importance pour l'économie politique moderne que celui de Siéyès : qu'estce que le Tiers-Etat ? a pour la politique moderne. Au contraire des autres économistes, qui n’ont attaqué