I. Les Confessions d'un révolutionnaire, 3* cdil., p. 4a
lî)6 PROUDHON
de l'Être suprême */ (]e « misérable rhéteur », en qui l'âme de Calvin semblait revivre, et dont la vertu nous a fait plus de mal que tous les vices des Mirabeau, des Danton, des Dumouriez, des Barras, n'eut toute sa vie qu'une pensée, la restauration du pouvoir et du culle. Il se préparait tout doucement à cette grande œuvre, tantôt en envoyant de pauvres athées, d'innocents anarchistes à la g-uillotine, tantôt en donnant des sérénades à l'Etre suprême et en enseignant au peuple le catéchisme de l'autorité. Il mérita que l'Empereur, qui s'y connaissait, dît de lui : cet homme avait plus de suite qu'on ne croit! La suite de Robespierre, c'était tout simplement de rétablir l'autorité par la religion et la religion par l'autorité. Huit ans avant le premier consul, Robespierre rouvrait les ég-lises el posait les bases du concordat. Bonaparte ne fît que reprendre la politique du pontife de prairial -. La saine doctrine, la doctrine de la « nég-ation gouvernementale » n'a jeté dans tout le dix-huitième siècle qu'une « lueur » avec Hébert et Babœuf^. Proudhon aurait manqué de logique s'il avait ménagé le gouvernement provisoire de i848 '*. Celui-ci faillit à sa tâche comme les révolutionnaires de 1789 avaient failli jadis à la leur. Comment ces vieux conspirateurs, qui pourtant ne manquaient pas d'intelligence, ne purentils pas faire avancer la Révolution d'une ligne? « C'est « qu'ils étaient le gouvernement, qu'en mrtière de révo- « lution l'mitiative répugne à l'Etat autant que le tra- (f vail répugne au capital ; c'est que le gouvernement et « le travail sont incompatibles comme la raison et la