I. Conlrad. écon., I, p. SSg
3. « J'en atteste, ajoutait-il, Charlemaçne, Louis XIV et Napoléon. « (Delà créa/ion de l'ordre, etc., n»* 474 el A?''-) « U"» ties hommes « qui révolutionna le plus et qui gouverna le moins, dit-il ailleurs, fut « Saint-Louis. » (Conjessions d'un révolutionnaire, p. 33.)
peu à peu, d'auloiité, un droit commun, et poser sous Ibrme de décrets impériaux les lois fj-énérales de l'humanité. Voilàdonc une incapacité qui n'a rien d'esse/i^/é"/, l'autorité recouvrant sa raison d'être dans tout pajs qui n'atteint pas les plus hautes cimes de la perfection sociale; ajoutons: dans toutpaysqui ne s'y maintient pas. 11 suffit, puisque le « père de l'anarchie » admet, au moins par hypothèse, l'existence de certaines races mal néesouabàtardies qui ne peuvent pas « soutenir la com- « paraison avec la Caucasienne * ». L'objection fondée sur la nature des choses va donc céder la place à quelque objection purement conting-ente et d'un ordre pratique.
Le g-ouvernement, d après Proudhon, est « contre-révolutionnaire » : ou il résiste, ou il opprime, ou il corrompt, ou il sévit; il ne sait, ne peut, ne voudra jamais autre chose - : la preuve, c'est que ^Robespierre appela les bénédictions de Dieu sur la république, et que tous les républicains, tous les socialistes firent, après la révolution de février, en passant aux affaires, de la dictature ou de la réaction. Si Proudhon entend qu'un g'ouvernement quelconque combat nécessairement toutes les entreprises de l'esprit révolutionnaire, il se trompe; au contraire certains g-ouvernements, par exemple ceux qui se succédèrent chez nous de 1789 au 18 brumaire, en favorisèrent l'essor tantôt par complaisance, tantôt par lâcheté. S'il veut simplement dire que toutgouvernement,
I. Comme on objectait leur existence à ce Ihcoricien de l'égalité absolue : 0 II en est de ces races, répond-il, comme il en est, dans (i notre société civilisée, des créatures souffreteuses, chetives, contre- « faites, objets de la charité des familles, et qui cessent de contribuer « à la population ; elles seront absorbées et finiront par s'éteindre, a La justice ou la mort! Telle est la loi de la Hèvolution «. [De la justice dans lu Révolution, etc., t. 1, p. 278.)
."?. Confessions d'un révolutionnaire, p. 274.
PaOUDUON ET L'ANARCHIE 205
étant oblig-é de se défendre, est réduit par là même à défendre la sociétJ contre certaines attaques, donc à. repousser la force par la force, il caractérise, en effet, le g-ouvernement et le justifie en le caractérisant. C'est précisément parce que nous nous servons de l'Etat pour n'être ni conquis, ni assassinés, ni volés qu'il y a profil à constituer l'Etat. Proudhon répond, il est vrai, que le gouvernement et la société ne peuvent pas vivre ensemble * : ce qui le prouverait, c'est que l'ancien rég"ime est mort et qu'on n'a pas pu le remplacer par des institutions stables. Mais d'abord l'arme est à deux tranchants : puisqu'on remplace toujours un g-ouvernement par un autre, c'est qu'on n'a pas trouvé, jusqu'à présent, le moyen d'en finir avec le g-ouvernement. Ensuite l'Ang-leterre, la Prusse, la Russie, la plupart des autres peuples ne se sont pas laissé g-agnerpar ce vertige et ne s'en repentent peut-être pas. De ce que certains établissements n'ont pas eu la force de se maintenir en France ou de ce que nous n'avons pas eu lapaliencede les conserver, il ne résulte - ni que nous donnions à l'univers un g-rand exemple en passant d'un campement à l'autre, ni que tout le monde doive coucher à la belle étoile. Nous n'apercevons donc pas la raison de cette déraison.
Mais enfin sur quoi reposera la société nouvelle après « l'abolition de tous les pouvoirs » et comment s'y prendre? Proudhon remplace la notion du g-ouverm-ment par la notion du contrat; c'est la partie la plus formitlable de mon œuvre, écrit-il uu jour à Michelet-'. Le
1. Idée oénérale de la Rêuolulion, elc, p. 70; Confessions d'un rèujliitionnaire, p. 3i.
2. C'est ce que Proudhon lui-même n'était pas, ce semble, très éloigné d'admettre eu 18G?. V. la brochure intitulée « la Fédéralioa et « l'unité en Italie », p. 77.