Lettre du 27 septembre
jug-eait encore avec une très grande sévérité toute la politique du second empire, y compris le fameux décret du 24 novembre i86o.(( Ce décret ne sera qu'une mysti- « fication, écrivait-il à Chaudey le 2 décembre, s'il n'est (( pas bientôt suivi d'autre chose et si on doit le prendre « au pied de la lettre. Que dites-vous de l'air de satis- « faction avec lequel la Presse, le Siècle, les Débats « accueillent cette mesure ? Est-ce de l'ironie ou de la (' sénilité ? » Il s'est bien radouci dès le 24, et d'abord il ne se laisse pas effaroucher par la forme de la décision : i( Je n'incidenterai pas sur le terme de grâce, c'est « le mot légal. Au fond, cette grâce fait partie del'ensem- « blc des mesures prises depuis le décret du 24 novembre ; « c'est un fait de rapprochement spontané du gouver- « nement impérial vers les idées de 8g; conséquemment (( et bien plus que l'acte du 16 août de Tan passé, c'est « une amnistie. Tout g-ouvernement qui offre l'amnistie <( à ses adversaires est un g-ouvernement qui demande à « parlementer. Eh bien! j'accepte le parlemeutage. Je « suis prêt à entrer en discussion avec lui sans invecti- « ves, sans fiel, sans autres armes que le droit et la véri- <( té, sans autre but que de les faire triompher... Je « prends donc la proposition au sérieux... Cette posi- « tion me paraît franche, dig^ne, loyale... *. ;) Le 3i décembre, il enfle la voix et bat des mains "-. «, Le g"Ou- « vernement de Napoléon III reconnaît aujourd'hui que « l'état des esprits en Europe est incompatible avec les « espérances qu'il avait retenues des traditions tlu pre- « mier Empire ; que l'Eglise ne saurait être pour lui (f un appui ; que le développement du régime constitu- <c tionnel par toute l'Europe le place dans un état d'in-