Lettre à Boutleville
« fériorité réelle et, vis-à-vis de la France, dans une « ])osition très fausse ; que c'est fini, du reste, de l'é- (( lément bourg-eois, de la bancocratie et de l'exploita- « tion des masses; qu'il faut compter pour tout de bon « avec la démocratie et que cette démocratie, c'est la « révolution démocratique et sociale. Il essaie de faire « volte-face et l'une des conséquences de ce revirement <( est mon rappel. Pour nous, c'est donc bataille « gag-née; toute la question, maintenant, est de savoir « comment nous allons user de la victoire. » Bref, il annonce à Darimonson dessein de partirpourla France dès qu'il le pourra *. Il se sent prêt à de g-randes et pénibles concessions ; au besoin, il irait jusqu'à tendre la perche à l'Empereur 2.
C'est à peine si l'activité de Proudhon s'est ralentie dans cette première phase de son séjour en Belg-ique. Il lutte pied à pied contre la maladie, surmonte sa fatigue, et d'importantes publications se succèdent encore de 1860 à 1865.
Dès le 22 décembre iSSg, il informe ses éditeurs ordinaires, les frères Garnier,que M. Lebègue, libraire belge, va mettre sous presse une deuxième édition de son livre sur la Justice dans la révolution, etc. Elle paraîtra par livraisons de 180 pages, chaque livraison se composant d'une étude, plus un certain nombre de notes et d'additions qui formeront au total l'équivalent de [\ôo pages; 12 livraisons pour 12 études, le fameux « mémoire en défense » devant faire la treizième. Le texte, écrit-il cinq mois plus tard à Boutteville, est soigneusement revu, corrigé, amélioré. Des chapitres entiers sont ajoutés ou refaits; des paragraphes transformés, remplacés ; le