‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 112 sur 169 · Idée générale de la Révolution, etc., pp. 281 à · texte numérisé non relu

Idée générale de la Révolution, etc., pp. 281 à

2. Expression de Proudhon dans son « Traité du principe fedératif », p. 2g.

Cependant, au spectacle de l'immense édifice rebâti sur l'idée humaine du contrat, Proudhon tressaille. Il prévoit la fin des usurpations et des insurrections, impuissantes et sans but'. Grâce à la balance universelle, « n'étant plus possible à âme qui vive de s'appro- « prier, par violence ou par adresse, le travail d'aucun, « le crédit et la force de tous », l'édifice politique ne peut plus « s'écarter de la perpendiculaire »; il a conquis ce qui lui manquait, la stabilité. « L'humanité fera ce que « dit la Genèse : elle s'occupera de parer et de garder la « terre, devenue pour elle un séjour de délices : ce que « recommande le g-rand philosophe Martin dans Can- « dide, elle cultivera son jardin. » Le pessimismesocialisme contemporain ajoute, il est vrai, que, dans cet autre âg-e d'or, les hommes, rassasiés d'horticulture et de béatitude, s'ennuieront au point d'en finir à la hâte avec l'existence-.

Ce qui m'inquiète, c'est moins l'épilog-ue que la préface. On citait nau;nères à la chambre des députés ces propos tenus par l'anarchiste Jehan devant le jury de Montbrison : « L'anarchie dit au prolétaire : ton patron « a un coffre-fort plein d'or et d'arg-ent; c'est toi qui ft l'as rempli, tu as le droit de le vider. Il faut détruire « la propriété, le g^ouvernement, l'autorité : l'autorité. « qu'elle apparaisse sous la forme de roussins, de g"on- <( darmes, de ministres ou de soldats, doit être combat- « tue avec la dernière violence; avec le revolver, avec le « poig-nard, avec la dynamite. » Pour des gens qui se proposent u'etablir la balance universelle et de transformer la terre en un lieu de délices, voilà de bien mauvais débuts.

T. Çomp. nffj Principe fi'drraiif, p. 3i6.

Page 1