Lettre du n avril
style expurg-é à fond et rendu plus clair. Ce travail me prend un temps fou et ne me produira peut-être jamais ^ Mais enfin mon œuvre est devenue plus présentable ; ceux qui la lisent et s'en rendent compte sont bien autrement satisfaits qu'à la première lecture; le premier volume surtout a gas^né énormément : un nouveau programme, mis en tête de la première livraison, donne la clé de l'ensemble et explique toute cette philosophie, etc. Il ne se plaint que de Garibaldi, qui accapare l'attention publique. Toutefois Garibalbi n'empêche pas qu'on traduise l'ouvrage en Espagne et que son auteur puisse se regarder comme quasi-naturalisé en Allemagne : l'Angleterre seule lui témoigne quelque froideur •.fofodivisos orbe Britannos ^. Proudhon jettera, dans les derniers jours de novembre, un regard de satisfaction sur ses travaux de l'année 1860 : il assure y avoir « bâti » quinze cents pages d'impression, tant en additions et notes à son livre « delà Justice » qu'en manuscrits à la veille d'être publiés; il espère que l'année 1861 ne sera pas moins féconde ^.
Le conseil d'Etat du canton de Vaud avait mis au concours une question intéressante : la théorie de l'impôt; un prix de 1 200 et un prix de 800 francs devaient être décernés aux meilleurs mémoires qui lui seraient envoyés. Proudhon se mit à l'oeuvre et, le 1 0 septembre j 8G0, transmit à Lausanne un manuscrit de cent quatre-vingts feuillets grand in-4°. Jugeant, comme toujours, son œuvre avec une grande complaisance, il écrivait le même
I. II répète dans une lettre du i3 juin: « La deuxième édition de « mon livre sera bonne: elle vaudra /jo 00 de plus que la première ; « mais, à moins qu'un jour elle ne puisse rentrer en France, elle ne « me produira pas i.ooo francs. »