‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 127 sur 169 · Confessions d'un révolutionnaire, p · texte numérisé non relu

Confessions d'un révolutionnaire, p

auloritcs judiciaires ne peut souffrir d'ajournement. Là où vous laisserez subsister une juridiction, vous aurez élevé un monument de contre-révolution. La justice constituée n'est jamais qu'une formule du despostime *. C'est parler net. Mais la véritable formule du despotisme est, au contraire, dans l'anéantissement de la justice constituée. « Le brig-and russe, a dit Bakounine, est le « seul, le vrai révolutionnaire, sans phrase et sans théo- « rie ». Disons mieux : il est le seul et le vrai justicier: il pille, frappe, tue; leg-enre humain doit se sentir libre.

Il n'y a, pour le père de l'anarchie, « qu'une seul ma- (f niéredefaire justice : c'est que l'inculpé ou simplement « l'assig-né la fasse lui-même». Ce mécanisme est, en effet, d'une admirable simplicité. De cette façon, v il « n'existera plus d'opposition entre la loi de la société et « la volonté de l'individu ». D'accord, puisque la seconde, quelque perverse qu'on la suppose, absorbera la première. Mais voici le trait caractéristique delà sophistique proudhonienne : « il faut aller jusqu'à reconnaître (( qu'en chaque affaire le plaideur ou l'accusé a le « droit de choisir ses jug-es^ ». C'est, en effet, une solution des plus commodes : Ravachol jugera Vaillant et Vaillant jug-era Ravachol. Toutefois, qu'on y prenne g'ar de ! 11 y a là, Proudhon s'en aperçoit aussitôt, une défaillance, car Vaillant et Ravachol seraient encore des juges, « Il faut avouer avec Platon que levraijug-e, pour « tout homme, est sa propre conscience, » ce qui fait disparaître tous les tribunaux. Cette fois, nous n'avons plus rien à désirer.

Toute juridiction répressive est illégitime, aux yeux de Proudhon, parce que le société n'a ni le droit de

1, Idée fjcnérale de la révolution, etc., pp. 3oo et 3oi.

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