‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 129 sur 169 · Idée générale de la Réuolutio7i, ib · texte numérisé non relu

Idée générale de la Réuolutio7i, ib

la symbolique du monde primitif, est une contradiction dans les termes « et n'a pas plus de réalité que le droit ^(( de mal faire ». D'ailleurs, tout sévice exercé sur la personne du criminel ne peut produire en lui quedel'indi2fnation et par contre-coup de l'endurcissement : ce n'est pas en rendant le mal pour le mal qu'on ramène un scélérat à la vertu. Leprévaricateurna t-il pas enfin la société pour complice? Quelles sont les causes, les prétextes, si Ton veut, qui l'ont entraîné ? quelle injustice, quel passe-droit, quelle faveur la provoqué ? quel mauvais exemple lui a été donné ? quelle omission, quelle contradiction du lég'islateur a troublé son âme ? Toute poursuite criminelle peut donner lieu, d'après le traité « de la Justice dans ia Révolution et dans « lEglise », à une action récriminaloire et, si la société ne va d'elle-même au devant, l'accusé peut dire à ses accusateurs: « Vous tous quiètes ici assemblés pour me « jug-er, vous n'êtes pas meilleurs que moi. Confesscz- (' vous les premiers et je me confesserai à mon tour ; « amendez-vous et je suis prêt à satisfaire. » En efifet, la justice absolue ne g"ouverne pas les sociétés humaines ; mais cette imperfection nécessaire n'autorise par ellemême aucune des tentatives qui seraient faites pour ag-graver le désordre : un passe-droit n'absout pas ce faussaire ou ce voleur ; ce meurtrier ne peut pas, en erg-otant sur une contradiction législative, revendiquer le droit au meurtre. Si, dans un cas particulier, des souffrances imméritées doivent atténuer la responsabilité du délinquant et par suite la sévérité de la répression, il arrive beaucoup plus souvent qu'aucune corrélation n'existe entreledélit et les vicesde la constitution politique ou sociale ; par conséquent il est fauxque l'organisation défectueuse du groupe lég-itimc l'abrog'ation du code pénal.

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Une loi criminelle précise etconnue de tous est d'ailleurs le premier élément de la liberté civile parce qu'elle borne l'empire des juridictions et soustrait les citoyens à la loi du bon plaisir. Quant à la peine envisagée dans son orig-ine lo^j-ique, elle n'est pas seulement un remède ni môme une réparation : quoiqu'on doive y chercher g-énéralement un moyen d'amender le coupable, elle est par-dessus tout la forme de la contrainte que la société doit exercer sur quelques-uns de ses membres pour g'arantir la sécurité des autres. Proudhon va donc s'infliger^ dans le même traité, la contradiction la plus formelle en admettant « par supposition » qu'un coupable se montre obstiné dans le crime : « Il ne reste avec cette « âme féroce, placée par elle-même hors de loi, qu'un « moyen, l'excommunication solennelle, la mort... (( Reste à savoir jusqu'à quel point la réclusion et le « bagne peuvent, par un reste de pitié, être maintenus « pour les natures dégradées et incurables, comme un « équivalent de la guillotine. » Est-il vrai ? Mais s'il ne s'agit plus, pour légitimer la prison, lebagnCjl'échafaud que de mesurer la profondeur des perversités humaines, cette « abolition complète du droit de punir », qu'on vient de proposer, n'était donc qu'un leurre et l'on n'avait mis les rédacteurs du code pénal à la porte que pour les faire rentrer par la fenêtre! Comment soutenir désormais soit « que la véritable réparation de délit a sa « source dans l'âme du coupable », soit « que la con- « science ne peut-être jugée, condamnée ou absoute que « par elle-même >< ?

Voilà ce dont ne s'embarrasseront pas, bien entendu, les grands disciples. Most déclarera sans ambages une (( guerre d'extermination » aux juges, aux avocats et au.x autres «mouchards » qui continuent aujourd'hui « l'œuvre

« de l'Inquisition ^ »; « la loi et la pénalité, dira Kropot- (f kine ^, sont des abominations qui doivent cesser d'exis- (( ter : brûlons les guillotines; démolissons les prisons; « chassons le juge et le policier, race immonde. » 0 réformateurs !

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