CHAPITRE PREMIER
PROUDHON ET l'idÉE DE DIEU
Proudhon antilhéiste. — Description de cet antilhéisme d'après le traité des Contradictions économiques. — Principal reproche adressé par Proudhon à Dieu. Née^ation de la Providence et athéisme pratique. — L'anli théisme dans les Confessions d'un révolution- 7iaireet dans la lettre du 12 octobre i85i. — « Si Dieu n'exis- « tait pas, il n'y aurait pas de propriétaires. » o C'est la crainte «de Dieu et l'idolâtrie del'universqniarrètentressor delà justice». Examen critique de ces deux jjropositions. — Il est faux que la moralité de l'espèce humaine soit en raison inverse de la foi.
A quoi Proudhon pensait-il lorsqu'il terminait, en i84o, par ce l'ardente prière » que j'ai déjà placée sous les yeux du lecteur *, son premier mémoire sur la propriété ? Ce ne fut là, selon toute vraisemblance, qu'un exercice de rhétorique. Cependant, à cette époque, il avait, à de rares intervalles, certains accès de « relig-iosité ». Il était encore d'humeur à dire dans une lettre confidentielle 2 : « Plus la philosophie marche, « plus l'intervention divine apparaît, plus il semble « qu'on aperçoive la main de Dieu courir sur cet im- « mense tableau de la nature. Je crois que je finirai par »< la dévotion si je continue. » Mais on sait qu'il ne