Lettre à Maurice
PROUDHOX
jour à son ami Delarageaz : « C'est la première fois, à (( ma conuaissance, qu'il se produit une théorie complète « et rig-oureusement déduite de l'impôt. » Plus modeste dans sa correspondance avec Berg-mann, il qualifiait d'improvisation ce nouveau mémoire : « Je serai bien « malheureux, ajoutait-il ', si je n'obtiens pas même une « mention honorable. Or une mention honorable suffit « pour mon objet. Je tiens à prouver que je ne suis pas « tout à fait, à Tétrang-er, l'homme que la France de « 1848-1808 a deux fois condamné. » Il l'emporta sur quarante-quatre concurrents et ressentit, en apprenan t cette nouvelle, une joie singulière : « Je suis très content « de la tournure que toute cette affaire a prise. Vojez- « vous d'ici les conséquences? M. Proudhon lauréat ! « M. Proudhon couronne pour un ouvrag'c d'économie « politique par le Conseil d'état d'un état souverain!... Ce « moment sera à noter un jour dans l'histoire de laRévo- « lution du dix-neuvième siècle 2. » Ce transport d'allég-resse dure au moins six semaines. « N'est-il pas clair « maintenant, dit-il àChaudej3, que le monde marche? « L'homme de i848, celui qui a jeté à la société comme « un défi tant de formules effroyables : la propriété , « c'est le vol! Dieu, c'est le mal! Le meilleur desgou- « vernements, cest l'anarchie! F.- i. Proudhon, enfin, « couronné par les mag-istrats souverains d'une répu- « blique ! II ne lui manque plus que d'avoir un jour le a prix de vertu. » Mais c'est déjà presque un prix de vertu. « Le jury, lit-on encore dans une lettre à Mathey « (21 mai 1861), a considéré mon œuvre comme émi-