‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 131 sur 169 · II · texte numérisé non relu

II

242 PUOUDIION

continua pas. Dès i8/,3, la religion et la philosophie ne sont plus pour lui que deux états préparatoires de la

société 1. , V . 11

Il devint le grand exterminateur de n importe quelle reli-ion S'il fait, avant tout, pleuvoir ses coups sur le chrfstianisme, c'est que les autres religions ne lui paraissent point taillées à la mesure de l'homme civilise-. Mais il visera Dieu lui-même, quelque soit le cultell le traite en ennemi personnel. Ce n'est pas qu'il se proclame athée. « Il est un nom, a-t-il dit 3, que rien ne saurait « effacer de la pensée des hommes, c'est le nom de Dieu. « Irai-ie sottement faire la guerre à ce concept dont je « ne suis pas le maître, combattre par des arguments « métaphysiques ce qui est le produit fatal de toute me- « taphysique ou par des raisons tirées de 1 expérience ce « dont l'expérience elle-même me suggère la notion « ultra-empirique, l'Absolu ? Quelle puérilité !» Point athée, par conséquent, mais, comme il se dit lui-même,

« anti-théiste ». t^ n

Qu'est-ce, au juste, que cet anti -théisme? Proudhon nous l'apprend, dès i846, dans ses Contradictions eco-

nomiqiies '*. -, i ■ i-,'

Faut-il croire en Dieu, c'est-à-d.re admettre la reali c objective d'un- être suprême ? Cette question pi-écede évidemment toutes les autres. Proudhon consent al examiner, mais non à la résoudre.

Le théisme se prévaut du consentement universe . Mais l'athéisme se retranche derrière le nombre et la diversité des religions : que peut donc affirmer le con-

I Lellre du aS novembre i8/i3.

,; De la création de Pordre, elc , n' Go.

3 De la juslice dans la Révolution, etc., l. III, p. boj.

Page 1