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5. II exprimera néanmoins son mécontentement à plusieurs reprises.
(( le coup sera porlé. L'idée d'un Christ pur homme, « personnag-e réel, humain, historique, sera entrée dans v( les tètes. C'est autant d'acquis. Mais je regrette sin- « cèrement, d'un autre côté, de voiries esprits fourvoyés « par le même écrivain qui promettait de les éclairer. »
Proudhon, soutenant que chez le Christ la relig-ion fut chose secondaire, est-il de bonne foi? J'en doute. II avait écrit lui-même en i85i ' : « Il va plusde dix-huit « siècles, un hommelenia, comme nous faisons aujour- « d'hiii, de rég-éncrer 1 humanité. A lasaintetéde sa vie, « àsaprodig'ieuseintcllig'ence, aux éclatsdc son indig-na- « tion, le génie des Piévolutions, adversaire de rÉternel, (( crut reconnaître un fils. Il se présenta à ses yeux et (( lui dit, en lui montrant les royaumes de la terre: Je « te les donne tous^ si tu veux me reconnaître pour ton « auteur, et m'adorer. Non, répondit le Nazaréen, fa- « dore Dieu, et je ne servirai que lui seul. L'inconsé- (( quent réformateur fut crucifié. » Ouoi ! ce réformateur a placé Dieu, d'après vous, au-dessus de tous les royaumes terrestres ; pour cela même, il se fit crucifier^ et vous venez nous dire ensuite qu'il a relégué la relig'ion sur le second plani N'est-ce pas le Proudhon de i85i qu'il faut croire et l'autre Proudhon n'a-t-il pas, selon l'aveu qui lui échappe, façonné le Christ « à sa propre image» '?
C'est à quoi s'applique en effet l'auteur des évangiles annotés "2. A ses veux, le messianisme véritable n'est autre chose que l'émancipation des pauvres « et la fra- « ternitéélevée jusqu'à la divinisation ». Cette idée, vraiment démosratique et prolétaire, aussi radicalement hostile à la royauté qu'au sacerdoce, est la seule qui ex-