p. ;$iô, dans le romincnlaire ilii quatrième cvani^ilc
plique rationnellement « la mission tlu charpentier ». L'Eg'lise primitive, tout en prenant au pied de la lettreque Jésus était le messie prédit par les prophètes et en se rapprochant sur ce point de la tradition des Juifs, ne se trompa point sur le sens pratique de son rôle, et il est étonnant que Straussl'ait si peu senti. Après avoir enseigné dans son livre De la justice que le Christ, messager d'amour, victime expiatoire, ne reconnaissait pas le droit de l'homme, Proudhon le transforme maintenant en « un révolutionnaire social », qui, ne voyant dans l'idée messianique qu'un mythe, en profitait pour introduire une réforme morale, sociale, politique même *. On l'a fait Messie et Verbe de Dieu ; c'est ainsi que le peuple de février est revenu à Napoléon.
Il reprend la même idée, mais avec de bien autres développements, dans le tome I de l'ouvrage posthume intitulé (( Gésarisme et Christianisme "^ );. A l'en croire, l'enseignement du Christ est tout social. Jésus ne se compromet point dans les vanités ambitieuses du pouvoir ni ne se perd dans les subtilités de la théosophie et de la métaphysique. Comme le docteur Hillel, il s'en tient à la foi vulgaire, à la foi du charbonnier, adopte le langage usité, parle comme tout le monde du Père, du Fils, de l'Esprit, sans donner à ces mots une acception dogmatique et spéciale, et s'attache surtout au précepte de justice et charité dans lequel il fait consister toute la loi. Comme les Esséniens dont il dédaigne le rigorisme, il attaque la bigoterie des Pharisiens et le matérialisme insolent des Sadducéens; comme les prophètes, dont il
1 . Dans l'ouvrage sur le Gésarisme et le cliristianisme, Proudhon (Icnie, au contraire, tout caractère politique à l'enseignement de Jésus.