Chrisliaiiisim et Césarisine, t. 11, pp. 220 et s
devait finir prir n'y trouver que de pures catég-ories, des abstractions. Le concile a donc décrété une profession de foi qui restera comme un monument de son intolérance, de son incapacité, de son méchant vouloir. II a copié les Valentiniens et les Marcionites, mais sans les comprendre, comme des ig-norants peuvent copier les idées d'hommes de g^énie ^ Les premiers mots de sou symbole : J ai foi, sont la nég-ation même de l'esprit philosophique et du droit d'examen.
Ainsi donc Proudhon reproche aux Pères de Nicée de n'avoir pas construit une relig-ion progressive alors qu'il a lui-même écrit : « Dieu est, par essence, antiprog-res- « sif et antiprovidentiel - » ; de n'avoir pas préparé la substitution des simples catégories aux réalités transcendantales, alors qu'il a lui-môme écrit : « Les vrais ennc- « mis de la religion furent toujours ceux qui lui chcr- « chèrent un sens philosophique, remaniant la tradition, (( tordant le sens des écritures, arrivant par uue dégra- (( dation insensible du dogme à la nég-ation formelle du « dogme 3 ; » d'avoir entravé l'essor de l'esprit philosophique, alors qu'il a lui-même écrit : « De ses vastes « conceptions la philosophie n'a jamais fait sortir que de (( vaines et impuissantes théories*. « Il avait sans doute ajouté: «Dans toute société en progrès, la relig-ion lléciiit
1. Il n'est pas inutile de remarquer que Proudhon avait dit tout le contraire ea i858: « La divinité du Christ était la condition xiiiQ « qaa non de l'existence du christianisme, Avec Arius, le Christ ic redevenait un homme .. On demandait le Dieu. Ce Dieu, le conci- .. le le donna : il fit en cela acte de haute polili(iue, de haute intelli- « gence et d'un vrai sens reHy^ieux. L'ignorance reprochée aux evè- « ques du parti orthodoxe fut ici plus savante, plus logique, plus i( loyale, elle lit preuve de plus de génie qu'Anus et toute sa bande. » (De la Justice dans la Révolution. Deuxième étude, chap. IV.)