‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 149 sur 169 · Delà création de l'ordre, etc., p. 5i · texte numérisé non relu

Delà création de l'ordre, etc., p. 5i

« en proportion du développement scientifique... (( L'homme est destiné à vivre sans relig-ion *. » Admirable disposition d'esprit pour juger et rectifier l'œuvre d'un concile !

Qu'advint-il donc du christianisme, aux jeux de notre réformateur? La semence du Fils de l'homme, tombée en des cœurs idolâtres, ne produisit qu'une mythologie quasi-poétique et d'innombrables discordes. Du conflit des opinions les plus extravagantes sur des questions insolubles, sur des textes qu'on n'entendait pas, naquit la théologie, qu'on peut définir science de V infiniment absurde. La vérité chrétienne ne passa guère l'âge des apôtres; l'Evangile, commenté et symbolisé parles Grecs et les Latins, chargé de fables païennes, devint à la lettre un signe de contradiction; et, jusqu'à ce jour, le règne de Véglise infaillible n'a présenté qu'un long obscurcissement. Les monstres que les successeurs des apôtres avaient eu pour mission de détruire, un instant effraj'és, reparurent peu à peu, grâce au fanatisme imbécile, quelquefois aussi à la connivence réfléchie des prêtres et des théologiens. On dit que les portes d'enfer ne prévaudront pas toujours, que la Parole de Dieu reviendra et qu'enfin les hommes connaîtront la vérité et la justice; mais alors ce sera fait du catholicisme grec et romain ^.

C'est apparemment pour venger le Christ méconnu, c'est pour reprendre et parfaire l'œuvre du Christ, pour préparer son deuxième avènement, que Proudhon engage contre le christianisme une bataille sans trêve. Il paraît s'être, dès sa jeunesse, promis à lui-même ce combat à outrance et voici l'une de ses premières confi-

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