I. Lettre à Muiron. Corresp., t. I, p. i
PROUDIION CONTRE DIEU 275
C'est une g-uerre à outrance entre la prêtraille et moi. Ils me traqueront partout. Je ne céderai pas et, je vous le prédis, ils y périront. — Même jour. Il faudra que le procès du catholicisme s'instruise sérieusement à la face des nations comme celui de la propriété a été instruit. — 3i août i853, à Trouessart, auteur d'un ouvrage sur la St Barthélémy. Il lui reproche de ménag-er encore le catholicisme tout en attaquant les papes : « la persécu- « tion, la tyrannie des âmes, l'hébétement des esprits « sont le fond véritable du catholicisme ». — 21 octobre i853. Il se flatte de trouver dans ses principes d'éthique et dans ses idées sur la philosophie de l'histoire le moyen de porter au catholicisme « le coup le plus terrible qu'il « ait reçu ». Ce coup, il le médite, il le prépare pendant plus de cinq ans, jusqu'à la grande explosion de cette long-ue colère, c'est-à-dire jusqu'à la publication de son livre sur la Justice dans la Révolution et dans VÉglise. Il en mesure, avec une joie sans bornes, toute la portée. Ce qu'il apprête est « formidable » ; il va révéler à la France que la relig-ion est « hors la société », que « le christianisme, par son principe, par toute sa théo- « log-ie, est la condamnation du moi humain, le mépris « de la personne, le viol de la conscience » ; il se vante enfin, le lendemain delà mise en vente, d'avoir fait coup double, car en môme temps qu'il assomme l'Eg-lise, il redevient « aussi célèbre et mieux posé » qu'en iS/JS *. Proudhon, dans sa correspondance, s'occupe surtout du clerg-é catholique, parce que ce clerg-é vivait, prêchait, enseig-nait, luttait à ses côtés. Mais on se tromperait en croyant qu'il poursuit le catholicisme à l'exclusion des autres cultes et se propose; par exemple, de