Idée générale de la Révolution, etc., pp. 292 et 2<j
priétaire des biens que la nation faisait vendre; la Constituante, en s'emparant de son patrimoine, V expropriait. Non pas, aux yeux de Proudhon; ce raisonnemeat, inattaquable s'il s'était a^i d'une autre association, n'était pas applicable à l'Eglise, parce que les anciens donateurs avaient entendu doter l'institution relig-ieuse et non le corps sacerdotal. — Mais ils n'avaient pu doter Tune sans doter l'autre. — Celui-ci n'était qu'usufruitier. — Non pas, puisque personne ne pouvait se dire nu-propriétaire. — L'usufruit devait s'éteindre avec l'institution relig-ieuse elle-même. — Admettons-le par hypothèse : en fait, Proudhon a lui-même reconnu que les masses, après une persécution de dix ans, s'étaient retournées vers l'ancien culte et que Bonaparte, en le rétablissant, avait satisfait à l'opinion publique ^. Donc l'institution relig-ieuse subsistait. Laissez ces arguties misérables. C'est pourquoi, s'il ménage, à la fin de sa vie, l'église catholique, c'est accidentellement, parce que la politique l'induit à temporiser. Alors il juge que le second Empire, en sacrifiantle saint-siège à l'Angleterre, augmente le gâchis et fait un pas de plus dans la dissolution européenne, que d'immenses destinées étaient promises à la France si elle avait su « rester la fille aînée de l'Eglise », c'est-à-dire se maintenir à la tête de i3o millions de catholiques 2, il se « mord les poings de rage » en voyant un si grand nombre d'imbéciles demander la suppression du pouvoir temporel et veut envoyer « à la lanterne » cette « affreuse démagogie » qui prépare l'unité italienne; que dis-je ? il consentirait à conserver encore la papauté pendant un quart de siècle 3.
1. La Révolution sociale démontrée par le coup d'Etat, etc., p. io8.