De la création de l'ordre dans l' humanité , n
PROUDIION COISTRE DIEU 285
« leur monde à part, tels que le pouvoir spirituel et (( le pouvoir temporel, est contraire à la nature des « choses, une utopie, une absurdité ^ ».
Après quoi, Proudhon croit pouvoir écrire : « Que « les Eg-lises soient libres comme les opinions, comme « la foi '2j » ou mieux encore : « Que le culte soit libre « comme l'industrie. Laissez faire, laissez passer 3. »
Sing-ulière façon de concevoir et d'offrir la liberté. Le réformateur, suivant les traces de Henri VIII, décapitait à sa manière les catholiques qui refusaient le serment de suprématie. A vrai dire, il prenait la peine de révéler toute la portée de sa réforme : « Par là, disait-il après « avoir esquissé son plan de i843, le prêtre devenu « citoyen, savant, homme du monde, profitera tôt ou « tard de la latitude que lui laisseront les vœux à temps « pour devenir père de famille; alors ce sera fait de la (( relig-ion et du sacerdoce : est-ce que le protestantisme « est une relig-ion ? est-ce que ses ministres sont des « prêtres? » Il expliquait de même en 1849 que l'application de son prog-ramme provoquerait, par la rupture de l'unité catholique, une diverg-ence dans les professions de foi, affaiblirait l'importance des opinions relig-ieuses, diminuerait la considération des églises; enfin que la fonction ecclésiastique, incompatible avec le suffrag-e universel et avec les lois de l'org-anisation sociale, serait peu à peu mise hors de service. En un mot, il n' « affranchissait » la relig"ion que pour l'étouffer. Il aspirait à renvoyer dans le ciel le Père éternel, dont « la présence parmi nous ne tient plus qu'à un fil » et hâtait de ses vœux comme de ses efforts le moment où