‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 162 sur 169 · Gomp. Théodicée, par A. de Margerie, t. II, ch. XIII · texte numérisé non relu

Gomp. Théodicée, par A. de Margerie, t. II, ch. XIII

devoirs envers Dieu. Quoi donc ! remarque Proudhon, c'est maintenant la volonté de Dieu qui annonce devoir ag-ir selon la mienne ! Qui nous expliquera cette énig-me? Il faudrait encore une fois, à l'en croire, abandonner le littéral et revenir au sens « tropique ». L'âme qui prie s'exhorte au bien par la contemplation de sa beauté essentielle ; mais en même temps elle se reconnaît sujette à faillir. Comment se relèvera-t-elle de ses chutes? par l'amour. Point de justification pour l'homme qui n'aime pas, c'est-à-dire qui ne pardonne pas.

L'idée de Dieu remplit l'oraison dominicale ; c'est la refaire et non l'expliquer que de substituer l'imag-e de l'homme à l'imag-e divine. Ce n'est pas sur un amour purement humain qu'est fondée la justification de l'âme humaine, puisque le premier et le plus g-rand commandement est d'aimer le Seig-neur Dieu toto corde, tota anima, tota mente. Le pardon des injures n'est pas seulement un précepte de lég-islation sociale, c'est encore un article de foi relig-ieuse. Dieu ne se subordonne pas aux volontés de sa créature en promettant sa miséricorde aux miséricordieux*; il commande et donne aussitôt à la loi son complément. Ce n'est point par le sang- des boucs et des g-énisses que les hommes, ainsi qu'ils ont pu s'en flatter, acquitteront leur dette; ils devront pardonner pour être pardonnes. C'est la plus haute des leçons donnée sous la forme la plus impérative.

El ne nous laissez pas choir dans la tentation. Ceci, d'après Proudhon, n'a plus besoin de commentaire : « que le sentiment de notre céleste beauté nous ravisse « à la tyrannie des attractions inférieures»! Voilà, paraît-il, le sens du texte.

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