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sistance et la propriété, insuffisance de débouché ou de territoire. Alors se posent les questions de prééminence, d équilibre, de colonies, etc., lesquelles ne peuvent se trancher que par la force. Dès qu'apparaît le paupérisme, c'est-à-dire dès que l'équilibre entre les besoins est rompu, une sombre convoitise enflamme, dans toute l'épaisseur de leurs couches, les sociétés; et la fatalité de la g-uerre, en l'absence d'une constitution économique fondée en vérité et en droit, est invincible. Difficulté de vivre, manque du nécessaire chez le pauvre, insuffisance du revenu chez le riche, aug^mentation des dettes, découvert du budget dans l'Etat, telle est la cause profonde de la guerre dans tous ses g-enres et dans toutes ses espèces (y compris, par conséquent, la g-uerre civile et la g-uerre sociale). Le dieu des armées et le dieu de la misère sont ua seul et même dieu.
Tout le reste de l'ouvrag-e est accessoire, même le cinquième livre, intitulé : « Transformation de la g-uerre ». C'est dans un dernier chapitre que Proudhon nous révèle enfin, d'une façon très brève, son desideratum. L' « au- « tag-onisnie humanitaire » (c'est-à-dire la g-uerre) qui a pour but la manifestation complète et le triomphe absolu de la justice est impuissant sous sa forme actelle. La guerre a pour but de déterminer à laquelle des deux puissances eniitig-e appartient la prérogative de la force; elle est la lutte des forces et non leur destruction, la lutte des hommes et non leur extermination. L'antag-onismi^, qu'il faut accepter comme loi de la nature, ne consiste pas essentiellement pour l'homme en un pug-ilat. Ce peut être tout aussi bien une lutte d'industrie et de progrès , « L'empire au plus vaillant, » a dit la guerre. Soit, répondent le travail, l'industrie, l'économie ; de quoi se compose la vaillance d'un homme, d'une nation? N'est-ce pas
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de son g^énie, de sa vertu, de son caraclère, de sa science acquise, de son industrie, de son travail, de sa richesse, de sa sobriété, de sa liberté, de son dévouement patriotique ? La transformation de l'antag-onisme résulte non seulement de sa définition, de son mouvement, de sa loi, mais encore de sa finalité : il a pour but la production d'un ordre toujours supérieur, d'un perfectionnement sans fin. Sous ce rapport, il faut reconnaître que le travail offre à l'antag-onisme un champ d'opérations bien autrement vaste et fécond que la g-uerre.
Mais il faut reconnaître que l'auteur avait pris un chemin bien détourné pour arriver à cette conclusion. Fallait-il s'attarder à ce point à l'apolog-ie de la g-uerre et'g-lorifîeravccun tel luxe d'argumentation le droit delà force pour démontrer que la paix seule (( donne à la loi (( d'antagonisme sa vraie formule et sa haute portée » ? Il y avait de quoi dérouter le public.
Proudhon ne tarda pas à s'en apercevoir. Dans une première lettre du 5 juin 1861, il s'indig-ne du mauvais effet produit à Paris par son traité de la g-uerre et de la paix. On ne l'a pas compris I 11 a montré que, jusque dans la g-uerre, l'humanité est juslicière, par là relevé notre espèce^ assis le droit des gens sur une base solide; il a d'ailleurs fini par établir que la g-uerre, malgré son caractère juri iJique,est «un phénomène passager comme (S la religion » et tire à sa fin. Il recommence son plaidoyer dans une autre lettre datée du même jour i; «N'ai- « je pas dû frissonner en acquérant la conviction que la « guerre avait été le grand moteur de la civilisation ? Et (' quand j'ai compris combien la guerre^ par son côté « niural, relève l'humanité, n'ai-je pas dû saisir avec