I. I" mai i8r
■.i. Lettre du 8 mai.
'.i. Il paraît s'être un instant fiçuré que le tribunal ne pouvait pas juger une question dont le Sénat était déjà saisi (lettre du 17 mai}.
pao'cs Go6 et C07 de son tome III ', et, si le clerg-é n'adopte pas cette réforme, de déclarer le budget des cuites supprimé, l'Église déchue de tous les droits et bénéfices qu'elle tient de laRévolution . Le sénat passa sur-le-champ, comme le pétitionnaire devait s'y attendre, à l'ordre du jour. Malheureusement pour l'auteur, on ne le voyait pas d'un autre œil à l'étrang-er. Au même moment, la police de Berlin Interdisait la vente du livre, et le sénat de Hambourg-, où devait s'imprimer la traduction allemande, en défendait l'impression.
Vingt-quatre passag-esdu livre étaient particulièrement incriminés, et Proudhon avait à se défendre sur cinq chefs: 1° outrag-es à la morale publique et relig-ieuse et attaques contre les droits de la famille ; 2° apolog-le de faits qualifiés crimes ou délits par la loi pénale ; S» attaques contre le respect dû aux lois; 4° excitation au mépris ou à la haine des citoyens les uns contre les autres; 5° publication de fausses nouvelles, faite de mauvaise foi. Il choisit pour avocat le franc-comtois Chaudey, un des plus anciens collaborateurs de la Presse, et commença d'entretenir avec lui, dès le i3 mai, la plus active correspondance, allant jusqu'à lui tracer un plan de plaidoirie -, Cependant le parquet ne s'endormait pas. Au moment même où le réformateur, accablé de fatig-ue, était allé chercher quelques jours de repos dans un village de la Haute-Saône, on verbalisait contre le second tirag-ede sa pétition au sénat. Nouvelle saisie; nouvelle citation devant le jug-e d'instruction, qui contraignait le pétitionnaire à rentrer chez lui le 29 mai ; seconde pré-
1. 11 s'ag;it des neuf articles proposés au cardinal Malhieii, qui dctruisaienl de fond en comble l'organisation de rEijIise (V. ci-dessus, t.I, p. .-^76).