Lettre à (Ihaudey, 24 mars 18G
6. « Je ne crois plus à la France; son rôle est flni. C'est une na- « tion prostituée. Sans doute elle ne sera pas conijuise; l'Europe « engatjée dans la voie n'a ni assez de puissance ni assez de vertu « pour cela. Mais elle est aussi le foyer de toutes les corruptions qui a souillent le vieux monde et, comme elle a tenu le drapeau de la « liberté et du droit, elle porte aujourd'hui l'étendard de la dissoluce tion universelle. La F'rance en est aujourd'hui où était l'Espagne « après Philippe II; elle déchoit depuis i83o; aujourd'hui sa décao dence marche au pas accéléré: conscience, intelligence, caractère,
pas faire ma première tournée en France avant le mois de mai au plus tôt, écrit-il à Pilhes le i5 mars 1862, et, si notre déménag-ement est accompli en septembre, ce sera fort joli. Au mois d'avril, il est pris d'un nouveau catharre, semblable à celui de i85g, qui lui épuise la poitrine et le cerveau : décidément il n'ira qu'en juillet à Paris (3o avril). Cinq jours plus tard, il ajourne son déménag-ement au mois d'août ou de septembre K Dans une lettre du i^' juillet à Chaudej, il se trace un prog"ramme alternatif, selon qu'il fera sa rentrée ou ne la fera pas : « Soyez persuadé, lui dit-il, que, si je ne « rentre pas, je ne m'annulerai point. Savez-vous que (( ce misérable petit journal de V Office de la publicité «. se tire à dix-sept mille exemplaires et que, quand j'y (( mets la main, il a cent mille lecteurs. Une pareille (( tribune, à l'étrang-er, n'est pas à dédaigner; j'en pro- « fiterai pour opposer au drapeau de la république jaco- « binique celui de la république du droit et de la li-' « berté. »
Celte collaboration au amisérable petit journal » belg"c eut des suites fâcheuses. Proudhon, juché sur sa nouvelle tribune, ne pouvait pas manquer d'v faire du bruil et de se mettre sur les bras une méchante affaire. A sa notice bibliog-raphique sur le belge Jean d'Hauregard, inoffensif opuscule publié sous forme de lettre à V Office de la publicité (8 mai 1862), succédèrent des articles de polémique, l'un sur l'Empire et la bohème, l'autre sur Mazzini et Vanité italienne.
« tout périt en elle; déjà les peuples la sifflent. Mais le mépris ne la a touche plus. Elle remâche sa 2;-loire comme ses littérateurs repas- « senties vieux écrivains, étendant le style des Bossuet.dcs Fénelon, « des Voltaire, des Rousseau sur les histoires de Madame Bovary <( et les réclames de Mirés. »