‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 26 sur 169 · V. les lettres du 16 et du 20 février i8G · texte numérisé non relu

V. les lettres du 16 et du 20 février i8G

breux matériaux préparés, je suis lent au travail et ne produis presque rien... ; enfin je sens un abîme se creuser entre moi et mes contemporains; d'où je conclus qu'en bonne log-ique mon terme approche ^. »

En eflet, il s'entendait moins que jamais avec ses contemporains. Ses philij)piques contre Mazzini, Garibaldi et l'unitcS italienne étaient aussi mal reçues en France qu'en Belg-ique. La presse libérale l'écrasait, pendant que le journalisme dynastique et clérical allumait des feux de joie. Il avait des accès de fureur suivis de profonds décourag-ements : « Je ne me contenterai pas « d'écraser cette infâme presse, écrit-il au bordelais (( Buzon le 19 novembre 1862; je veux cette fois élever « hardiment le drapeau de la scission, rompre avec cette (( coterie d'intrig-ants et commencer un mouvement « d'épuration, comme disait Robespierre^ qui pourra « fort bien aboutir à une régénération de la raison et de « la conscience démocratiques. J'ai sur ma tête l'épée de « Damoclès du clerg-é; contre ma poitrine les baïonnettes « impériales et par derrière, de flanc droit et de flanc (( gauche, les stylets empoisonnés des jacobins. De plus « habiles y périraient ; je me confie à la vérité et «à la fortune de la Révolution ^ », H rugit le jour où la poste lui renvoie un appel à l'abstention des électeurs publié sous son patronag-e, avec cette ironique dédicace : A M. Proudhon, la police reconnaissante : « Lâches et stupides humains ! Canaille, sotte espèce ! « Oh I si je n'avais en vue que la délivrance de cette vile « multitude, je serais au premier rang parmi ceux qui « l'exploitent. Mais il y a le droit, la liberté, l'invio- « labilité de nos personnes, de nos esprits et de nos

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