Lettre à Buzon, 8 décembre iS
inantl et en russe i. Une seconde édition fut publiée Hvant la fin de l'année, la troisième en i8C)4. A vrai ilire, le polémiste s'était surpassé. Si quelques-unes de SCS propositions sont contestables, la forme dont il les a revêtues est merveilleuse. Ouelle véhémence et quelle richesse de style! Quelle précision, quelle suite et quelle force dans le raisonnement!
Ainsi 2^ d'après Napoléon III, les traités de i8i5 seraient déchirés, les traités de i8i5 n'existent plus. Mais, s'ils n'existent plus, il n'y a plus de droit public européen ; s'ils n'existent plus, il n'y a plus de frontières lég-ales : il n'y a plus que la force. Nous sommes reportés au commencement du monde, au temps où la force faisait toute seule le droit. On allèg-ue que certaines brèches ont été faites aux arrangements de i8i5. Ainsi l'infraction aux lois, le mépris des traités auraient justement pour résultat, si l'on poussait le raisonnement à outrance, de faire abolir les lois et annuler les traités ! Les personnes et les propriétés restant sans g-aranties, la justice privée de sanction, la violence et le crime seraient maîtres, et prendraient leur revanche. Singulière politique !
Proudhon demande donc dans quel statu quo nous allons rentrer : celui de 1812, de i8o4 ou de 1802 ? celui de i7<)7 ou de 1789? celui de iG48 ? L'Allemagne conservera-t-elle tous ses cercles ou sera-t-elle ramenée à un seul? L'Europe se composera-t-elle en totalité de deux cents Etats ou seulement d'une douzaine? Ces Etats seront-ils égaux entre eux, et, dans ce cas, comment