‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 45 sur 169 · Lettre du aq juillet i · texte numérisé non relu

Lettre du aq juillet i

2. Les chapitres 1, II, III, IV, V, VI, YIII, IX, X, XI. XIII, XIV, XV, XVil sont com[)lètement rédigés par Proudiiuu.

(( Du principe de l'art », ne fut édité par les frères Gariiier qu'en i865, et l'on aurait mieux fait de ne pas l'oflrir à la postérité.

Proudhon ne dissimule pas son ig-norance : « Je suis, (( dit-il, de cette innombrable multitude qui ne sait rien « de l'art, quant à l'exécution, et de ses secrets; qui, « loin de jurer par une école, est incapable d'ap- « précier l'habileté de main, la difficulté vaincue, la (( science des moyens et des procédés, mais dont le « sufFrag-e est le seul, en définitive, qu'ambitionnent « les artistes; pour qui seule l'art s'ingénie et se crée.» Mais il n'a pas besoin de connaissances techniques pour affirmer que l'art repose sur une triple base : faculté esthétique ou sens poétique ; culte de soi-même ou amour-propre; puissance d'imitation *. Il définit ainsi l'art et l'idéal : « l^'idée, d'après l'étymolog-ie grecque « du mot, est la notion typique, spécifique, que l'esprit « se forme d'une chose, abstraction faite de toute maté- « rialitc. Idéal se dit donc, étymologiquement, d'un « objet considéré dans la pureté et la généralité de son « essence, en dehors de toute réalisation, variété et « accident empiriques... L'art est une représentation « idéaliste de la nature et de nous-mêmes, en vue du « perfectionnement physique et moral de notre (f espèce ^. » Ces derniers mots nous révèlent la pensée dominante de l'ouvrage. Après avoir dépeint « la con- « fusion et l'irrationalité de l'art » pendant la première moitié du dix-neuvième siècle, quand il était représenté par David, E. Delacroix, Ingres, David (d'Angers), Rude, L. Robert, H. Vernet, Proudhon stigmatise

1. Cil. II {Du principe de l'art on de Ut faculté esthétique de l'homme).

Page 1