Premier mémoire sur la propriété, p. ii
3. De la Justice dans la Révolution, etc., t. II, pp. 2.^7 et 248.
84 PHUUDnON
Le lecteur sait déjà que Proudlion, s'il aima sa femme, n'aima pas les femmes*. Il se révoltait contre le « libertinag-e des cœurs » et maudissait notre littérature lascive : tout cet étalag-i; de tendresses, môme honnêtes et délicates, ces expressions brûlantes à propos des femmes, dont les ouvrag-es modernes sont remplis, lui semblaient retfet d'une excitation erotique désordonnée. Il le déclara formellement à Joseph Garnier (lettre du 28 février i844) et le fit entendre assez clairement à Michelet, seize ans plus tard, quand l'illustre historien lui envoya V Amour et lui annonça la Femme. Depuis quelque temps, écrivait-il au docteur Crétin le 11 décembre i856, j'ai beaucoup étudié la question de V émancipation de ces dames. C'est encore une de ces bêtises dont il faut voir la fin. Il drapa donc avec un soin particulier le sexe féminin dans son livre De la justice -. On lui répondit et des polémistes féminins descendirent dans l'arène au premier rang- desquels Mesdames J. d'H... etJ.L... Proudhon ne se tenait jamais pour battu : il médita, pendant plusieurs années, un retour offensif. Vers la fin de sa carrière, il décida de reprendre ses études sur la femme et de répliquer, dans un livre intitulé la Pornocratie. A vrai dire, épuisé par la maladie^ il ne mit pas au net plus d'un tiers de l'ouvrage qu'il avait préparé. La suite est disséminée dans de simples notes; mais ces notes, a dit l'auteur de la préface •', quoique jetées au hasard et la plupart sous forme d'aphorismes, offrent encore un puissant intérêt.
Il faut pourtant reconnaître, si l'on prend la peine de