‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 48 sur 169 · I. V. notre premier chapitre · texte numérisé non relu

I. V. notre premier chapitre

•?.. V. ci-dessus, t. I, p. 271.

.3. Elle est siçiice des initiales C. E. Il faut très probablement lire: Cluirles Edmond. L'ouvrat^e ne fut édité qu'en 1875. (l'aris, Lacroix elGie. I vol. gr. in- 18, 2G9 pages.)

comparer l'œuvre posthume à ravant-dernière « étude >) du g-rand ourage sur la Justice dans la Révolution, etc., que les redites sont nombreuses. Le parallèle de l'homme et de la femme, envisag-cs dans leurs facultés physiques, intellectuelles, morales, n'est qu'une reproduction, ou peu s'en faut.

Le réformateur écarte des fonctions publiques, avec un surcroît d'énerg-ie, une personne que la loi conjugrale et la nature ont désig-née pour des fonctions purement domestiques ; procéder autrement, c'est porter atteinte à la pudeur familiale, faire de la femme une personne publique, proclamer de fait la confusion des sexes, la communauté des amours, l'abolition de la famille, l'absolutisme de l'Etat, la servitude des personnes et l'inféodation des propriétés. Courtisane ou ménagère : toute femme qui rêve à' émancipation a perdu ipso facto la santé de l'âme, la lucidité de l'esprit, la virg-inité du cœur. Bien plus, aucune femme ne devrait être réputée j'uris sui compos. La femme est censée éternellement en tutelle * : à défaut de tuteur né, la loi doit en assig-ner un parmi les personnag-es officiellement désig'nés pour faire partie du conseil de famille. C'est dépasser toute mesure.

Il reproche aux polémistes féminins (ju'il réfute de repous.ser l'indissolubilité de l'union conjug-ale. Le mariag-e,« exprimant la charte primitive de la conscience,» doit être indis.soluble parce que la conscience est immuable. Voici d'ailleurs ce que l'histoire nous apprend. Au commencement, les unions étaient fortuites, pa.ssagères : hommes et femmes n'en étaient pas plus libertins^ n'y mettaient ni raffinement ni malice. Puis les couples se

I. a Voire même de son amant, là où le concubiiial est reconnu par la loi. »

l'ormèrent : polyg-amie et concubinat. Enfin le mariag-e fut institué ;/ac/a est sancli/icatio ejus. Privilège du p;itriciat, il l'ut reconnu ensuite à la plèbe; le chiistianisme en fit à son tour un sacrement. Nous en sommes là. Trouvez-vous que le progrès soit à l'amour libre? Plus d'une fois, les mœurs de famille ont faibli parmi les nations; elles sont retombées dans la promiscuité, et elles sont mortes.

Il est à peine utile de remarquer que l'éloquent publiciste n'a pas exercé, dans cet ordre d'idées, la moindi^e influence sur le socialisme révolutionnaire. Pourquoi, disait naguère un socialiste de marque i, la femme émancipée s'embarrasserait-elle de vaines formalités (f quand l'oiseau du printemps chante dans son cœur »? Va, poursuis ta route héroïque vers le rachat de ton sexe, vers la liberté de l'amour. Prends conscience de ta valeur, et tu croîtras en dig-nité, en noblesse, en beauté. Ta morale, crée-la toi-même et impose-la nous. Le mariage a fait son temps, la famille n'est plus qu'un « groupe d'habitude ». Telle est, on peut l'affirmer sans témérité, la doctrine orthodoxe, et Proudhon joue le rôle d'un hérésiarque. II a donc, cette fois, prêché dans le désert.

Mais on g-lisse aisément sur une telle pente. Après avoir, dans la dixième étude de son traité sur la Justice dans la Révolution, soustrait si résolument le mariag-e au contact des relig^ions etbaimi du foyer conjug-all'idée relig-ieuse, Proudhon éprouve un regret ^ : « Femme « esprit fort, impie, irreligieuse : c'est à prendre en « g-rippe la philosophie. Savez-vous donc que nous « n'avons pas encore remplacé ce sentiment profond de

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