Leltrc à Cli. Edmond, 27 février i85o
sera une bonne partie de sa vie à répéter cette autre antienne : « j'ai eu ma période critique ou de destruc- « tion et je commence ma période positive ou de « construction. » Mais, quoi qu'il en ait dit, la seconde période ne commencera pas. Quand il forme le projet de fermer le temple de Janus, il n'en retrouve plus la clef. Il annonce la fin des hostilités et monte à l'assaut, les mains remplies d'armes nouvelles.
Il se contredira souvent, nous l'avons remarqué plus d'une fois et nous ne manquerons pas de le mettre encore, dans la seconde partie de cet ouvrag-e, en contradiction avec lui-même. Cependant il ne faut peut-être pas trop le chicaner sur ses variations politiques. Au fond^ il n'eût pas mieux demandé que de vivre en bons termes avec Louis-Philippe, quoiqu'il ne l'aimât g-uère. Au moment môme où la plupart de ses amis étaient proscrits, il eut des relations assez suivies, le lecteur a pu s'en convaincre, avec l'entourag-e de Louis-Napoléon. Mais il professait, on le sait encore, une certaine indifférence pour les formes de g-ouvernement* parce que, voulant l'abolition du g-ouvernement même, il les trouvait également mauvaises. 11 ne se souciait que d'accélérer la révolution sociale et croyait pouvoir utiliser, pour atteindre ce but, n'importe quel rég-ime politique. Ce n'est pas seulement en politique, à vrai dire, qu'il a dit le pour et le contre. Toutefois il s'est, en plus- d'une circonstance, expliqué plutôt que contredit. Comme il avait quelquefois couvert par la violence de ses formules la modération relative de ses conseils 2, on n'avait retenu que les formules et l'on n'avait pas entendu les conseils. C'est pourquoi,
1. V., entre autres documents, la lettre du D mars i854 à Bergmana.