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2. Yves Guyot, les Principes de ^9 et le Socialis;ne, ]>. iG().
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monopole au profit de quelques milliers d'individus; reconnaissant le monopole de la terre à quelques milliers, pourquoi pas à des centaines, à des dizaines, à des unités simples? S'il n'accepte, au contraire, comme unités collectivistes que des nations de plusieurs millions d'âmes, il arrive à supprimer toutes les petites nations, et la plus g-randc, c'est-à-dire la Chine, doit finir, en bonne logique, par absorber toute l'humanité. Si l'on veut anéantir la propriété personnelle, on ne doit pas, en effet, la remplacer par une propriété nationale, mais par l'attribution de chaque coin de terre à l'ensemble du g-enre humain ; car enfin de quel droit la France et l'Italie détiendraient-elles des pays naturellement fertiles au préjudice des Esquimaux et des Touareg-s ? On a même remarqué que, si la lune était habitée et si l'on trouvait un moyen de correspondre avec elle, les hommes de la terre devraient faire participer les hommes de la lune à la jouissance du sol terrestre *. Proudhon a résumé par un de ces mots brefs, dont il a le secret, cette partie de la thèse anti-communiste : « La « patrie a son orig-ine dans la propriété. » La constitution de la propriété, la constitution des nationalités se sont liées l'une à l'autre dans l'assentiment commun de la race humaine.
Mais les hommes s'aperçoivent encore que, si l'on brise, en supprimant la propriété privée, le ressort de l'activité individuelle, la société tout entière est atteinte du même coup. Certes le paysan souffrira le premier s'il délaisse la terre parce que ses semblables ne lui en abandonnent pas la possession permanente; mais croit-on iffriront pas ? S'il se décourag-e et