I. De la propriété, livre I, ch. XII
ProudhoD, pour réfuter plus aisément les défenseurs de la propriété personnelle, affecte de séparer ces deux classes de publicistes comme s'il n'existait aucun point de contact entre elles : « Tu as travaillé, propriétaire ! « que parlais-tu donc d'occupation primitive?Quoi! n'é- « tais-tu pas sûr de ton droit ou bien espérais-tu trom- « per les hommes et faire illusion à la justice i? » Il ne pardonne pas à M. Cousin d'avoir écrit que, si le travail et la production sont le principe du droit de propriété, le fait d'occupation primitive en est la condition indispensable. C'est là, s'il faut l'en croire, un de ces « tours d'éclectisme >) familiers au philosophe et dont, plus qu'un autre, il devait s'abstenir. Mais l'éclectisme n'est pas en cause. Il est aisé de comprendre ce que Proudhon feint de ne pas voir, c'est qu'un effort de volonté doit, le plus souvent, succéder à ce fait initial : la prise de possession. Outre que celle-ci est déjà, par elle-même, une espèce particulière de travail, et suffit par là même à modifier l'appropriation de quelques objets mobiliers, il a fallu, quant au sol, défendre pour occuper efficacement et, dans les temps anciens ou dans les pays neufs, pour défendre, exploiter. C'est ce qu'ont démontré rig-oureusement plusieurs économistes contemporains : M. Edmond Villey, M. Paul Leroy-Beaulieu, etc. On ne se contredit pas en affirmant que, dans beaucoup de cas, la propriété repose sur cet élément complexe : la mainmise que le travail rend effective.
Toutefois, pour ne pas déranger Proudhon, suivonsle dans son plan d'attaque et restreignons-nous à l'occupation.
Comment méconnaître ([ue le désir de s'approprier