i5 décembre i
U PROUDUON
« priétaircs. Je reg-arde ce résultat comme notre pre- « mière victoire parlementaire. Toute la presse impéria- « liste avait donné, flanquée du Siècle et des Débats. « Déroute complète; maintenant je fais faire la poursuite V des fuyards ». La IJelg-ique sépara, pour quelques jours du moins, de Viantes couleurs. « Lebègue se propose de « faire un tirag-e à part de mes articles. Je redirai cela « avec un surcroît d'énerg-ie ; ce .sera ma déclaration de « g-uerre aux prostitués '. » Ses compatriotes exilés se rapprochent de lui : Madier-Montjau développe les principes de son ouvragée dans le cours de littérature qu'il fait à Anvers; Deschanel lui a fait les honneurs de sa première leçon à Bruxelles -. La mag-istrature belge juge son mémoire « invincible '^ ». Bien plus, à Bruxelles, un procureur du rcji s'est appuyé de ses paroles, dansun g~rand procès, pour flétrir les escrocs du jour ^. Il trouve dans cette capitale une élite d'hommes indépendants, fort instruits, « tout à fait dans ses principes, » tjui lui font les honneurs du pays ; on cause, on échange des livres, des brochures, on l'invite à dîner ^ . « Ici, dit- « il encore ^, je n'ai éprouvé aucune contrainte, j'ai fait « ce que j'ai voulu et je crois que j'ai atteint mon but. « EnBelg-ique,en Suisse, enPiémont, j'ai convaincumon (( jury ; j'ai opéré des conversions subites, incroyables : « bref, je crois avoir pris une position telle que je puis, « à la rigueur, me faire une carrière toute nouvelle dans « ces Etals et me passer de la France. »
Il va donc s'installer. A la fin du mois de novembre