‹ P.-J. Proudhon, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 75 sur 169 · Premier mémoire, etc., pp. iio à · texte numérisé non relu

Premier mémoire, etc., pp. iio à

2. Proudliou qualifie « opération de commerce» toute transaction ayant pour but un échange de produits ou de services.

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parfaite ég-alité présider à leurs ccliani^es sans aucune considération pour la supériorité des talents ou des lumières. Il se plaît à supposer que le manuscrit de VIliade pourrait être équitablement échang-é contre un fromag'e, parce qu'il s'ag-it de fixer non la valeur intrinsèque, mais la valeur relative de la chose vendue. La valeur absolue d'une chose est ce qu'elle coûte de temps et de dépense, la valeur d'opinion n'est qu'un mensonge, une injustice et un vol. Dès qu'il s'ag-it d'un échang-e de produits en vue de satisfaire des besoins mutuels, il ne peut s'accomplir que sous la raison d'une économie, indifférente aux conditions de talent oudeg-énie, et dont les lois se déduisent d'une juste balance entre le doit et Vavoir , en un mot de l'arithmétique commerciale. D'ailleurs si l'homme de talent a contribué à produire en lui-même un instrument utile, il en est co-possesseur et non propriétaire. Il y a tout à la fois en lui un travailleur libre et un capital social accumulé : comme travailleur, il est préposé à l'usag-e d'un instrument, à la production d'une machine, qui est sa propre capacité : comme capital, il ne s'appartient pas, il ne s'exploite pas pour lui, mais pour les autres. En définitive, s'il fallait traiter à part le talent, ce serait pour le placer au-dessous plutôt qu'au-dessus de la condition commune (!j. Tout au plus, lorsque la société, fidèle au principe de la division du travail, confie une mission d'art ou de. science à l'un de ses membres en lui faisant quitter le travail commun, elle lui doit une indemnité pour ce qu'elle l'empêche de produire industriellement, mais rien que cela.

Tiouvant sans doute que cette apologie de l'ég-alité parfaite n'avait pas eu tout le retentissement désirable, Proudhon la présenta bientôt, dans son troisième mé-

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moire sur la propriété ^, sous une forme plus paradoxale et plus bruj'ante. Tout talent fortement prononcé, dit-il, donnant lieu à une division dans le travail, en un mot à une fonction, tombe sous la loi d'ég-alité dans les échang-es ; en d'autres^ termes, une couturière étantybnctionnaire au même titre qu'une danseuse, leurs appointements doivent être ég-aux. La g-rossièreté des g-oujats, la crasse des chiffonniers, de même que la médiocrité de certains artistes, viennent du défaut d'org-anisation : ce sont des maladies propriétaires, de même que l'incertitude des vocations individuelles et la classification irrég-ulière des fonctions : il s'agit donc uniquement de procéder à l'éducation du peuple et à l'org'anisation des travailleurs Oui, Tmég-alité existe encore dans les capacités comme elle existe dans les fortunes; mais ce sont là des perturbations accidentelles de l'économie sociale, ce ne sont pas des lois de la nature. De même que le nivellement des conditions s'opère par l'amélioration progressive du sort des travailleurs, au-dessous de ce nivellement il s'en manifeste un autre : le nivellement ou, si l'on veut, l'équilibre des intellig-ences, amené par l'instruction incessante des masses et par l'accumulation de la science g-éncrale 2.

Vous que les caresses enivrent et que les sophismes

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