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2. 11 ajoute, mais pour amadouer les électeurs duDoubs: «Quand « je dis que la propriété c'est le vol, j'entends, par exemple, que les « paysans sont en général trop peu riches, qu'ils ne mangent pas « assez de viande, ne boivent pas assez de vin ; que leur pain est « trop mêlé d'orge, avoine et autres fécules ; qu'ils paient le sel trop « cher; en un mot qu'il ne leur passe pas par les mains assez d'ar- « gent. »
6. 11 faut rapprocher de ces deux lettres la réponse que Proudhon adressa, de Sainte-Pélagie, le 12 octobre i85i, à diverses questions posées par M. Robin {Correspondance, t. IV, p. 371).
PROUDHON ET LA PROPRIÉTÉ Iod
L'homme nouveau se révéla dans Vidée générale de la Révolution au xixe siècle. C'est en juillet i85i que Proudhon offrit au public une seconde théorie de la propriété, différant essentiellement de la première.
Il rappelle dans ce g-rand ouvrag-e * que les socialistes ont conçu l'org-anisation ag-ricole de deux manières. Les uns ont fait du laboureur l'associé d'un grand atelier de culture, qui est la commune ou le phalanstère : nous savions déjà que Proudhon écartait ce premier système, « à la fois gouvernemental et communiste ». Sa haine du communisme était, dans cette période de sa vie, plutôt avivée qu'éteinte. Nous en retrouvons l'expression dans les instructions qu'il donne aux rédacteurs de la Voix du Peuple : « Déclaration de guerre à tout le « socialisme utopique... Serrer les côtes aux luxem- « bourg-eois, aux fouriéristes et aux icariens. Ni pitié, « ni merci, ni trêve jusqu'à ce que ces races-là soient « exterminées 2. )>
Les autres pontifes du socialisme laissent à l'État la propriété territoriale ; mais chaque cultivateur devient fermier de l'Etat, propriétaire unique : dans ce cas, la rente foncière compterait au budg-et et pourrait même le remplacer intégralement. Le mal est moindre, aux j-eux du réformateur, car le cultivateur reste maître dans son exploitation : on ne le soumet à aucun conseil, on ne lui impose aucun règlement. Grâce à la longueur des baux et à la modération des fermages, l'établissement de ce système rencontrerait, croit-il, peu d'opposition dans les campagnes. Le publiciste avoue s'être arrêté longtemps à cette idée, qui fait une certaine part à la liberté. Mais il reconnaît aussitôt qu'elle ne l'a jamais