A Dupuy, 22 octobre
indiquer qu'il était d'avance disposé à un accord avec la cour d'Espagne, — dès son arrivée à Paris, le 25 mai, il s'était abouché avec Rubens. Suivant le témoignage formel donné par de Piles, c'est même dans l'intention de s'entretenir avec lui de cette affaire, sans exciter aucun soupçon, que, dans le peu de jours qu'ils avaient l'un et l'autre à passer en France, Buckingham demandait à l'artiste de faire son portrait. Après avoir pris de lui le vivant croquis que T^ossèdeV Albertine, Rubens non seulement l'avait peint en buste, presque de face, mais, sur sa prière, il avait peint également de lui un grand portrait équestre, accompagné de plusieurs figures allégoriques : la Renommée planant dans les airs et dans le fond, sur la mer, Neptune et Amphitrite avec des vaisseaux'. De ces deux images, la première est timide, la seconde raide et sans vie. Si désireux qu'il fût de satisfaire ce nol)le client, évidemment l'artiste n'avait pas donné toute son attention à ces deux ouvrages, car il lui fallait, au cours de leur exécution, peser soigneusement ses paroles et conserver le souvenir très exact de ce qui lui était dit, pour le rapporter à l'Infante. Malgré tout, ce travail lui était largement ])ayé; car, outre une somme de 500 livres sterling qui lui fut donnée par le duc, il recevait encore de la cour de France une gratification de 2 000 écus d'or. De plus, c'est probablement dès cette époque que Buckingham manifestait à Rubens l'intention de lui acheter ses collections, et il semble bien ([u'en cherchant à les acquérir il visât un double but : satisfaire ses goûts fastueux et, du même coup, s'assurer les bonnes grâces de l'artiste en vue des négociations dans lequel celui-ci allait intervenir.
Voyant que les choses traînaient en longueur à la cour de France, Rubens s'était décidé à retourner en Flandre. Son voyage ne s'effectuait pas sans peine, car, n'ayant pu trouver de chevaux aux environs de Paris, il avait dû