‹ P. Rubens et la Galerie de MédicisChapitre 5 sur 12 · Ce iiortrait appartient aujourd'hui au comte de Jersey · texte numérisé non relu

Ce iiortrait appartient aujourd'hui au comte de Jersey

continuer durant quatre postes « avec de pauvres bêtes à moitié mortes, en les faisant marcher seules, chassées en avant par les postillons qui s'étaient mis à i)ied, ainsi que font les muletiers ». Cependant, le soir même de son retour chez lui, le 12 juin 1625, il écrit en hâte à Peiresc que la veille, dès son arrivée à Bruxelles, il a cherché, mais en vain, à y voir l'Infante et que, dans l'espoir de la joindre à Anvers, il a immédiatement gagné cette ville, que la princesse elle-même venait de quitter dès six heures du matin pour aller témoigner aux troupes tout son contentement, à la suite de la capitulation de Bréda. Rubens s'excuse d'ailleurs de ne pouvoir donner à son ami plus de détails, sa maison étant remplie d'une foule de parents et d'amis, accourus pour le féliciter à son retour. Le règlement de ses affaires à Paris devait encore se prolonger, car, dans les lettres suivantes, il continue à se plaindre des nouveaux retards que, malgré des promesses formelles, on met à s'acquitter envers lui. Il était pourtant en droit de s'attendre à plus d'exactitude, ayant offert au trésorier d'Argouges, chargé de ce règlement, un grand tableau qui avait paru fort à son goût. N'était la façon magnifique avec laquelle il a été traité par le duc de Buckingham, le grand ouvrage exécuté pour la reine mère eût été fort onéreux pour lui, à cause des voyages et des séjours faits à Paris et dont il n'a reçu aucune indemnité. Il n'est pas plus heureux, du reste, avec le roi qu'avec la reine mère, car, dans une lettre ultérieure', il insiste sur la négligence qu'on met à lui payer « les cartons de tapisseries faits pour le service de Sa Majesté ». Une fois de plus, nous retrouvons ici la marque de cet esprit d'ordre qui est un des traits saillants du caractère de Rubens. Comme il est lui-même d'une ponctualité extrême, il souffre de ne pas rencontrer celte qualité chez les autres, et il faut bien reconnaître que, dans ses rapports avec les grands, il devait bien souvent être exposé à des déceptions de ce genre.

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