‹ P. Rubens et la Galerie de MédicisChapitre 8 sur 12 · In-4. — Paris, Fr. Targa · texte numérisé non relu

In-4. — Paris, Fr. Targa

bien plus qu'à apprécier les tableaux du maître. Ce dernier, qui avait reçu copie du manuscrit du poète, tout en remerciant Pierre Dupuy de cet envoi, s'excuse de n'avoir pas trouvé le temps de le lire et « de n'y avoir jeté qu'un coup d'œil ». Les vers d'ailleurs lui paraissent bien faits, « mais il ne saurait avoir grande obligation à l'écrivain qui ne l'a même pas nommé ». Ce n'était pas là le compte de Morisot, qui s'attendait à des compliments. Dupuy, probablement sur sa réclamation, étant revenu à la charge, Rubens lui répond (28 octobre 1626) qu'ayant lu les vers avec plus d'attention, il ne saurait cependant se prononcer sur leur valeur littéraire; cela regarde les gens du métier, a La veine, dit-il, m'en paraît généreuse et coulante et les commentaires arrivent fort à point pour expliquer mes intentions. L'auteur est, sans doute, fils d'un maître des requêtes que, si je ne me trompe, j'ai vu à Paris'. » Ce qui contrarie un peu Rubens, c'est que si, en général, les sujets des peintures sont exactement définis, l'auteur n'a cependant pas saisi le sens de certains détails, et làdessus, rétablissant leur véritable signification, il estime que ses intentions sont préférables à celles qui lui ont été prêtées. Au surplus, il n'attache aucune importance à ces observations, « car, à vrai dire, la brièveté du poème ne permettait pas de tout dire en si peu de mots, mais ce n'est pas une affaire de brièveté que dire une chose pour une autre », Morisot devait tenir compte des observations de Rubens et ce n'est qu'après avoir ajouté à son manuscrit force éloges sur les tableaux, qu'il le donnait à l'impression. Un des premiers exemplaires était envoyé avec une dédicace- au peintre et accompagné d'une lettre à laquelle celui-ci, en écrivant à Dupuy, s'excuse de ne pouvoir répondre surle-champ (20 janvier 1628). Il ne saurait d'ailleurs, sous peine de craindre pour lui-même le sort de Naixisse, accepter toutes les louanges que le poète

1. Et, en marge, estropiant son nom, Rubens écrit : « Nommé INLMaréchot. » C'était probablement en vue du privilège de ses gravures en France qu'il avait été en rap])ort avec lui.

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