‹ Padoue [et] VéroneChapitre 17 sur 60 · I. A MAHONNA DKM.' A K !• N A · texte numérisé non relu

I. A MAHONNA DKM.' A K !• N A

dehors même de l'influence générale qu'il a\'ait sur son ami, lui a donné des indications et des conseils sur ses peintures et contribué à la signifiration ingénieuse et profonde de ces figures symboliques. L'influence de Dante se montre d'une façon plus directe dans la peinture de l'enfer où certains épisodes semblent dos illustrations de la Divine Comédie : par exemple, les damnés ([ui ont la tête enfoncée dans le sol et dont les

GioUo. l-.i Ciucitîxioii <Egli^e de rAieii.i .

jambes s'agitent dans l'air '. Sans doute le poème ne fut achevé qu'en ,1320, mais Dante l'avait entrepris en 1291. Rien d'étonnant donc qu'il ait fait connaître à Giotto soit en lui en communiquant le manuscrit, soit en causant avec lui les principales scènes de son Enfer par lequel il commence son œuvre. Soit qu'il ail été troublé par ses préoccupations littéraires, soit qu'il n'ait j)as su se dégager des conceptions grossières et puériles d'après lesquelles le vulgaire se représentait l'enfer chrétien, il est certain que cette partie de la décoration de l'Arena est la moins remarquable même par l'exécution ; celle où se sent le plus la main des aides

I l);inte. Enter, chant 19.

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qu'il avait associés à son immense travail. Jiien des parties en sont iranchement déplaisantes. L'effet en est plus grotesque que terrible et fait penser à Callot plus qu'à .Michel-Ange, .^lais sur le même mur. diotto prend bien sa revanche dans la représentation du Paradis, dans cette suite des bienheureux qui. les yeux iixés, les mains tendues vers le Christ avec une expression d'amour et de joie, forment sous la direction et la surveillance des anges une procession solennelle sans monotonie.

Ces mérites si divers, cette puissance d'expression inconnue jusquelà, cette élévation qui s'impose jointe à ce sentiment du détail de la vie expliquent que, de son vivant même, Giotto ait été également apprécié des artistes et de la foule. Les écrivains du moyen âge s'occupent peu des artistes et en tous cas les mettent bien au-dessous des littérateurs. Il n'en fut pas de même pour Giotto. Sans parler de Boccace et de Villani, JMichel Savonarole dans son curieux LibcUiis de orimiiuiitis rrgic civitatis Padiir trouve une jireuve de la dignité de la ville, dans ce fait que (iiottij a voulu lui consacrer une bonne partie de sa vie et c'est ainsi, ajoute-t-il, que sa mémoire vivra dans les glorieuses figures qu'il y a laissées. Cette admiration pour Giotto n'a guère subi d'éclipsé. On fait plus d'ailleurs que de l'admirer : encore aujourd'hui l'art, comme nous l'avons dit. est son tributaire. Ses peintures de l'Arena surtout sont restées une source d'inspiration et d'études jusc^u'à nos jours, à ce point que tels artistes du xix" siècle : Overbeck, Orsel, Hippol3'te Flandrin même pourraient être considérés comme ses disciples'.

On ne va guère voir à l'Arena que les œuvres de Giotto ; il serait injuste cependant de ne pas signaler, derrière l'autel, le tombeau du fondateur de la chapelle Enrico .Scrovegno. Ce tombeau est attribué à Giovanni Pisano. Mais Burckhardt pense que cette attribution est fausse. D'abord Enrico Scrovegno est mort en 1321, c'est-à-dire un an après Giovanni Pisano. Cela ne serait pas une raison, puisque bien des gens ont fait construire leur tombeau de leur \-ivant. 3lais l'œuvre de style gothique Cl d'un naturalisme très soigné >■, indique une époque postérieure. La statue debout qui est près de là et représente .Scrovegno en pleine jeunesse est bien dans le style de G. Pisano ainsi que la statue de la \-ierge placée au-dessus du tombeau sans qu'elle fût destinée à en faire partie.

I. Cennino Cennini dans son Trattato dclhi PiUin\i Ocrit plus de cent ans après la mort de (jiotto restait un giottesque intransigeant. 11 disait que Giotto, fit passer l'art de peindre du grec au latin et le ramuna du latin au moderne.

Giiisto Padovinano. La Madone. Saint Jean-Baptiste iBaptistèrel.

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