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LA SCULPTURE A PADOUE

I. Avant IJonntcUn. — 2. Dniiatellu. La statue du ("lattaniekita et le maitrc-autel de la basilique de Saint-Antoine. — 3. Apres Dnnatclli). La chapelle du Santn. Les Lumbardi, Sansovinn. etc.

Avant l'arrivée de Donatello, Padoue n'avait pas eu de statuaires éminents. Nous avons cependant quelques œuvres à signaler, principalement dans la sculpture funéraire, soit pour leur valeur d'art, soit pour leur intérêt historique e.xccptionnel.

l/ne des plus anciennes est le tombeau de Costanza d'Esle et de son époux Guido de Lozzo -j- 1205 qui après avoir contribué plus que personne à rendre la liberté à son pays en le délivrant d'Ezzelino, n'en fut pas moins en butte à la méfiance et exilé, à cause de la grande popularité que lui avait acquise son mérite, par des concitoyens ingrats lui appliquant ainsi une sorte d'ostracisme renouvelé des Grecs. Un intérêt plus grand s'attache à la pierre sépulcrale d'Elisabeth de San Giorgio, dite « la brava Bettina ». Fille d'un juriconsuUe célèbre alors, (liovanni d'Andréa et femme d'un autre jurisconsulte distingué, Giovanni di San Giorgio '-j- 1355), elle étudia à fond « pour son agrément » les Pandectes et les Décrétales et était assez savante en droit civil et en droit canon pour suppléer, le cas

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échéant, son épuux dans son cours, exposant en langue latine avec une rare facilité les questions les plus ab-truses devant les étudiants enthousiasmés

Il y a plus de mérite artisiiciuc dans le sarcophage du professeur de droit Rainieri degli Arsendi de Forli, mort à Padoue en 1358. Selvatico pense que cet ouvrage provient de latelier vénitien de JacobcUo et Pietro Paolo dalle .\lassegne

Le monument de Frédéric ],avellongo, condottiere Brescian au service de François Carrare, mort en 1373. ne lui est pas supérieur, mais il est plus important. ],e sarcophage a])|)li(|ué contre le mur est surmonté d'une arcade dont le fond porte une peinture dans le style de Jacojjo d"A\-anzi : une Vierge entourée de Saints.

Les œuvres que nous venons de citer sont dans la basilit|ue .Saint- Antoine ou ses dépendances. A .Sainte-Justine nous trouverons une tombe rectangulaire d'heureuses proportions, portée sur quatre colonnettes et un pilier central formé de quatre anges. Elle date de 131(1 et passe pour contenir des relicjues de l'évangéliste saint Luc

.Au Palais épisco]:)al ileux demi-figures en haut-relief, datant de la ]iremière construction de l'édifice, c'est-à-dire du début du xiV siècle, représentent l'empereur 1 lenri IV et sa première épouse l'italienne Berta On peut s'étonner de voir ainsi la figure de cet adversaire de la papauté dans cette habitation ecclésiastique ; mais Henri JY qui avait séjourné dans la ville avait trouvé un apiuii dans son elergé. fauteur de l'antijjape Clément III et Berta, par sa bonne grâce et sa charité, y avait laissé de jjrofonds souvenirs attestés par plus d'une tradition populaire.

Aux Eremitani se voient les plus remarquables des sculptures du XlV" siècle à Pad!>ue. les tombeaux d'Ubertinn lil y 1345 et de Jaco])o de Carrare ■f 1350" échappés a l'absurde destruction de la basilique S. Agostino en i8i(i Jacopo s'était emparé du pouvoir par l'assassinat de son cousin .Alastino. crime aggra\'é par toutes sortes de perfidies. Mais mie fois son anibitinn satisfaite, il montra dans son g(juvernement non seulement de grands talents, mais de grandes vertus. 11 mérita l'amitié fidèle de Pétrarque qui comjiosa l'épitaphe qu'on lit sur son tombeau, et, lorsqu'il fut assassiné à son tour, sa mort fut un malheur public.

Dès cette époque, les artistes de la ville sainte de Padoue étaient fort occupés à fabri([uer des reliquaires avec une activité qui devait croître encore au siècle suivant. On peut voir au trésor du .Santo des pièces fort précieuses. Le plus important monument de l'orfèvrerie religieuse à Padoue est la gigantesque châsse de la cathédrale, remarquable par l'heu-

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